‹ Don Carlos et Philippe IIChapitre 48 sur 358 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

liant à sa place, elle fit montre de vouloir baiser la main du prince; il refusa de la lui donner, et l'embrassa*. Après elle, le licencié Menchaca appela don Juan d'Autriche, qui, n'ayant pas Tàge requis, avait obtenu des dispenses du roi 2. Don Juan, le serment prêté, fit une profonde révérence à don Carlos, et lui demanda sa main, qu'il baisa, malgré la résistance du prince. Les prélats, les grands, les seigneurs de titre et les procuradores des vrlles vinrent ensuite, et successivement, remplir le même devoir ^ : l'ancienne dispute qu'il y avait, pour la préséance, entre les villes de Tolède et de Burgos, se renouvela à cette occasion ; la dernière obtint gain de cause, mais sans préjudice au droit que pouvait avoir sa rivale. Le comte d'Oropesa, don Garcia de Tolède, gouverneur du prince, les maîtres-d'hôtel du roi, le marquis de Mondejar, jurèrent à leur tour. Le duc d'Albe, qui avait présidé à la solennité, le bâton à l'épaule, en qualité de grand maître de la maison du roi, se présenta le der-

1. Le conseil d'État avait examiné le point de savoir si la princesse devait baiser la main de don Carlos. Ayant trouvé, dans les précédents, des exemples pour et contre, il avait conclu en proposant au roi cet expédient : Que dona Juana ferait comme si elle voulait baiser la main de son neveu, et que le prince s'en excuserait : « En lo de la senpra princesa V se podria tomar un medio de que hiciese alguna demostracion, y tam- » bien el principe por su parte, de manera que se cumpliese con lo nece- » sario... » {Lo que se tratô y platicô cerca del juramento del principe nuestro teùor^ en Toledo, ano 1560, Arch. de Simancas, Estado^ leg. 139.)

2. ... Parece que por todos respeclos se debe hallar présente don Juan de Austria, y que jure y haga pleito homenage, y bese la mano à Sa Alteza; y por no tener edad cumplida, se supla por V. M., puniendo las causas que el derecho dice, y metiéndolo asi en el auto... » (Ibid.)

3. Cabrera rapporte que le prince ne voulut pas se laisser baiser la main par les prélats. Mais Vandenesse dit le contraire; il s'exprime ainsi: « Puis vindrent d'en bas de l'eschaffault où tous estoient assiz, les prélatz, » les grands, tous Tung après l'aultre, jurer et faire l'hommaige et bài- » ser les mains au prince. » Vandenesse était présent. Il n'y avait aucune raison de dispenser les prélats du baise-main , et l'étiquette ne le permettait pas.

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