‹ Don Carlos et Philippe IIChapitre 49 sur 358 · CHAPITRE m .S · texte numérisé non relu

CHAPITRE m .S

nier : comme il oubliait d'aller baiser la main du prince, don Carlos le lui fît sentir par un regard plein de mécontentement ; il s'aperçut de son inadvertance et vint s'en excuser : le prince Fembrassa. L'archevêque de Séville reçut le serment du cardinal de Burgos. Don Carlos jura, entre les mains de don Juan d'Autriche, de garder les fueros et les lois des royaumes de Castille et de Léon, de maintenir ces royaumes en paix et justice, de défendre la foi catholique, de sa personne et de tous ses moyens.

Il était trois heures, quand la famille royale rentra au palais, où elle reçut les félicitations des ambassadeurs étrangers *.

Les cortès n'avaient pas terminé encore leurs délibérations sur les demandes du roi. Le 2 mars, Philippe leur fit faire une nouvelle proposition : 'après leur avoir rappelé la nécessité où les dernières guerres avaient mis l'empereur son père et lui d'aliéner ou d'engager une grande partie du domaine , il les invitait à exprimer leur opinion sur les mesures à prendre pour réparer ces pertes 2. Les cortès ne crurent pas devoir entrer dans cette voie ; mais elles accordèrent au roi, outre le service ordinaire et une augmentation d'abonnement pour les alcàbalas^ quatre cent mille ducats à l'occasion de son mariage ^.

Cependant l'état de don Carlos ne s'améliorait pas, et il

demeurait étranger à toutes les fêtes qui se donnaient à la

^w. 11 y eut, le 2 avril, un jeu de cannes auquel prirent

P^^t cent cavaliers divisés en cinq compagnies : la première

^^^i commandée par le roi ; la deuxième devait l'être par

Vaxdenesse, Journal des voyages de Charles-Quint el de Philippe II. ""^^Urera, Felipe II, liv. V, chap. vu, pp. 246-248. "• I-çiire de Tisnacq à la duchesse de Parme, du 4 mars 1560. * ï-cttre du même à la même, du 25 juin 1560.

le prince ; les autres avaient pour chefs le marquis de Villena, les comtes de Benavente et d'Uruena. Il fallut que don Juan d'Autriche suppléât don Carlos ^

Ce fut vers cette époque que Philippe U résolut de fixer la résidence de la cour à Madrid. Charles-Quint avait pris en affection cette ville, où il avait recouvré la santé à la suite d'une longue maladie ; il y avait fait agrandir le palais et ses dépendances * : elle ne fut pas moins du goût de son fils par sa situation, par sa proximité des maisons de plaisance oïl il aimait à se retirer. Dans le courant du mois de juin 1561, toute la cour, ainsi que la famille royale, allèrent s'y établir ^. Madrid n'avait alors que deux mille cinq cent vingt maisons et une population de douze à quatorze mille âmes ; à la mort de Philippe II, en 1898, on y comptait douze mille maisons et trois cent mille habitants au moins *.

1 . Lettre de Tisnacq à la dacbesse de Parme, dn 2 avril 1560.

2. QuiNTANA, Historia de la antiguedad, nohleza y grandeza de Madrid^ fol. 331.

3. Lettre de Tisnacq à la duchesse de Parme, écrite de Madrid, le 19 juin

i. QuiNTAJiA, l. C.

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