‹ Don Carlos et Philippe IIChapitre 6 sur 358 · PRÉFACE VII · texte numérisé non relu

PRÉFACE VII

sadeurs français à la cour d'Espagne était privilégiée : ils avaient leurs entrées libres chez la reine, et des rapports journaliers avec ses dames; ils pouvaient par là apprendre et même voir de leurs yeux presque tout ce qui se passait dans la maison royale; aussi je me promettais beaucoup du dépouillement de leurs correspondances. Mon attente ne fut pas déçue.

D y avait une autre correspondance diplomatique à laquelle ' j'attachais un grand prix : c'était celle du baron Adam de Dietrichstein, que l'empereur Ferdinand P' envoya en Espagne, à la fin de 1563, pour y remplir à la fois la charge de son ambassadeur et celle d'ayo ou gouverneur des archiducs Rodolphe et Ernest, ses petits-fils. Déjà, à l'époque où Dietrichstein quittait Vienne, il s'agissait du mariage de l'archiduchesse Anne, sœur de ces princes, avec don Carlos, mariage qui, un peu plus tard, fut convenu entre les deux cours : il était donc permis de supposer que l'envoyé d'Autriche avait reçu la recommandation d'instruire régulièrement la maison impériale de tout ce qui se rapportait au prince des Asturies.

» en Espagne soubs le règne du roy Charles neufviesme, » remplit les MSS. 9746, 9747, 9748. La première dépôche de cet ambassadeur écrite de Madrid porte la date du 21 mai 1562; les dernières, ceUe du 11 août 1565.

Le recueil des dépêches de Fourquevaulx a été fait par les soins de son fils, en deujc volumes, qui sont marqués, Suppl. franc. 225i-225^, sous le titre suivant : « Lettres d- Estât où sont contenus les affaires particuliers » de divers royaumes, soubs la négociation faicte en Espaigne près du » roy catholique Philippe d'Austriche, par le sieur de Forquevauls, am- » bassadeur du roy très-chrestien Charles neufviesme. Tome premier » (deuxième). A Forquevauls, l'an M.D.XCVI. » Le premier volume commence au 7 juillet 1565 et finit au 3 octobre 1568; il a 1478 pages. Le second, qui en a 1340, va du 15 octobre 1568 au 15 avril 1572.

Dans le MS. Saint-Germain Harlay 228, cité plus haut, il y a cent quatre-vingt et une lettres originales de Fourquevaulx, du mois de septembre 1567 au mois d'avril 1572.

C'est du MS. Supp. franc. 225^ que je me suis servi, comme étant plus complet, quoique la copie puisse n'être pas toujours d'une exactitude minutieuse.

M. le marquis du PRATa donné une cinquantaine de lettres de Fourquevaulx, des années 1566, 1567 et 1568, dans son Hisloirey si touchante et si complète, d'Elisabeth de Valois^ reine d' Espagne , Paris, Techener 1859, in-8o.

La direction des archives de cour et d*État à Vienne mit la plus grande complaisance à me procurer copie des lettres du baron de Dietrichstein. Déjà elle m'avait fait parvenir celles qui concernaient Temprisônnement de don Carlos, lorsque parut à Leipzig un recueil de documents * où toutes les dépêches de Dietrichstein, depuis le 19 novembre 1563 jusqu'au 25 mai 1568 2, étaient insérées. Ce recueil avait pour auteur M. Mathias Koch, de Stuttgart, qui, dans ces dernières années, a publié différents écrits sur le règne de Philippe II ^. On verra de quel secours il m'a été, par les citations que j'en ai faites.

Les correspondances du nonce, des envoyés de France et de l'ambassadeur d'Autriche, jointes aux papiers d'État que j'avais rapportés de Simancas, c'était là déjà une collection de matériaux d'une haute valeur. Grâce au concours d'hommes aussi obligeants que zélés pour la science historique, elle s'augmenta notablement encore.

M. le chevalier de Mutinelli, directeur général des archives de Venise, eut la bonté de faire transcrire pour moi les principales dépêches de Paolo Tiepolo et de Sigismondo CavaUi, qui étaient ambassadeurs de la sérénissime république en Espagne : le premier, quand don Carlos fit à Alcala la chute dont les suites mirent sa vie en danger; le second, lors de l'arrestation et de la mort de ce prince.

M. le professeur Albèri, à qui est dû l'inappréciable recueil des Relazioni degli ambasciatori veneti al Senato, durante il secolo decimo sesto, se donna la peine, ei^ ma faveur, d'extraire, dans les archives de Florence, les lettres écrites, sur les événements que je viens de rappeler, par l'ambassadeur de

L Quellen zur Geschichte des Kaisers Maximilian II, in Archiven gesammelt und erlautert von M. Koch; Leipzig, Voigt et Gûnther, 1857 in-8<> de vi et 303 pages. Les lettres de Dietrichstein remplissent les pages 109-217 ; elles sont au nombre de quatre-vingt-neuf.

2. Il n'y a pas .de lettre de Dietrichstein sur la mort de don Carlos, aux archives de Vienne.

3. Notamment : Untersuchungen uher die Emporung und den Abfall der Niederlande von Spanien; Leipzig, Voigt et Gûnlber, 1860; inS^ ds XII et 219 pages.

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