CHAPITRE V
eu\ftt^^:re des plaintes sur la conduite arbitraire et la mau-
\'A\se ^idministration de don Garcia de Tolède, vice-roi de
CA\a\o^iie 4.
ûuelques jours après son arrivée à Monzon, Philippe II,
donnant audience à l'ambassadeur de France, le S' de Saint-
Sulpice, Tavait entretenu de la constitution des peuples
d'Aragon, et il lui avait dit à ce sujet des paroles assez no-
•^ tables pour que l'ambassadeur crût devoir les transmettre
à sa cour : « Il me conta, — écrivait Saint-Sulpice, — il me
«conta des trois royaulmes d'Aragon, Vallance et Catha-
* 'ogne, aulcunes loix et coustumes fort amples pour la li-
* berté et privillége des subjectz, et assez estroictes et qui
* 'iiïiitent beaucoup la puissance du roy, bien qu'il estimoit,
* quand elles seroient regardées de plus près, qu'elles luy *donnoient plus de liberté qu'on nedisoit; toutesfois que,
* '"y rendantz ceulx desdicts pays toute fidellité et obéis-
* sance, il ne leur vouloit rien innover 2. » Cette déclaration "^ Philippe II était-elle bien sincère? Il est permis d'en
outer quand on considère la suite des actes de son règne ».
j,i les membres desdictes cortès ou estatz (à ce que entens) insis-
^j ^.^ Aragonais, dans leur pétition relative à l'inquisition, s'exprimaient
s 1 ^ ^ t Y porqne los inquisidores en muchas cosas y negocios han puesto
a , *ïiano fuera de los dichos casos (de heregia) y de lo que, en virtud
a, I la comision apostôlica, deben conocer, con mucbo dafio y agravio de
» d ^ ïegnicolas deste reino, verdaderos cristianos y fidelisimos vasallos
„ I " V. M. ; y como a V. M. toque amparar sus vasallos, para que no se
» r* ^ liaga agravio por jueces algunos, los cuatro brazos del reino deAra-
» ?^*^ humildemente suplican a V. M. sea servido proveer en esto de
» j, .^^le que semejantes agravios ni otros algunos se hagan à los de este
» j. ^*^o por los inquisidores que boy son, ni los que de aqui adelante
*^^r€n. » (Lafuente, Historia gênerai de Espafia, t. XIII, p. 127.) S^ ' lettre de Saint-Sulpice, du 11 octobre, déjà citée. — Lettre de Gio. ^lizo du 11 novembre.
• ï^ettre de Saint-Sulpice à Charles IX, du 11 octobre 1563. *1 n'avait pas toujours été, du moins, dans les dispositions qu'il
94 DOxN CARLOS ET PHILIPPE II
Quoi qu'il en soit, il donna quelque satisfaction aux ce sur les deux premiers points de leurs remontrances; i aussi annoncer, par cri public, qu'il était prêt à entei ceux qui auraient à articuler des griefs contre le vice-rq Catalogne, et qu'il leur ferait justice K Mais, quant au p qui tenait le plus à cœur aux Aragonais, celui de l'inc sition, il éluda leur requête, car il songeait plutôt à éter qu'à restreindre l'autorité du saint-office ^, et ce fut là maxime constante de sa politique : il était convaincu, con le dit un jour le duc d'Albe à l'ambassadeur vénitien ( vanni Soranzo, que l'inquisition était le seul moyen maintenir les peuples placés sous son sceptre dans la ft dans l'obéissance ». Les cortcs cependant insistèrent^ Le que cette opposition importunait, leur fit dire qu'il ne v lait pas qu'il fut question du saint-office; que les ce étaient réunies seulement pour régler le régime politiqu civil du pays; que si elles avaient à se plaindre de Vim
manifestait à Saint-Salpice. Le prédécesseur de ce diplomate, Féy Limoges, mandait à Catherine de Médicis, le 25 mars 1562, à propc la convocation des cortès de.Monzon, dont il était question à cette épc » que le roy pensoit leur rongner les ongles, et assez retrancher de 1; » coup de privilléges et libériez qui les rendoient braves et demy-afrao » et peu estimant le maistre aussi bien que ceste nation de Gastille, d » quelle ilz estoient presque autant ennemys que des Turcs et Mores, ç » avoient vers la marine pour voisins. »
1. Lettre de Saint-Sulpice à Catherine de Médicis, du 11 octobre, déjà <
2. oc II se présume que le roy catholique prétend confirmer l'amhorit^ ladicte inquisition a desjà sur les causes de la religion, ains la luy plifier sur touts autres crimes, affin de retenir ceulx-cy en pins gi craincte et subjection qu'ilz ne sont.... » (Lettre de Saint-Snlpice à Ci rine de Médicis, du 11 octobre.)
3. « .... Atlrovandomi io a ragionar con il sig^ dnca d'Alya delli i disordini che sono per il mondo in materia de religione, mi disse Ëxcellenza : Il re vuole al tutto crescer VauttoHtà al trihunale âêU quisitione^ perciochè conosce Sua Maestà chiaramente queUo euer il
rimedio di eonservare H populi en religione e obedientia » (Lettr
Gio. Soranzo du 11 novembre 1563.)