CHAPITRE V
\es plaintes qu'on aurait à élever contre don Garcia de Tolède, le rai voulait faire juge de ces plaintes le vice-roi lui-même. Philippe résista d'abord à toutes leurs représentations * ; mais ils tinrent ferme, et ce monarque se vit obligé de céder. Il révoqua la déclaration qui leur avait tant déplu " ; les commissaires qui négociaient avec eux ne leur étaient pas agréables, W les changea 3; il appela à d'autres fonctions don Garcia de Tolède, qui s'était attiré Tanimadversion publique *. Tout cela ne fît point cesser l'opposition qu'il y avait au sein des certes : comme il ne voulait pas leur concéder différentes choses sollicitées par elles, elles se refusèrent, de leur côté, a plusieurs de ses demandes. Afin de leur fairesentir le mécontentement qu'il en éprouvait, le 23 mars,
jour qu il avait fixé pour son départ de Barcelone, il se rendit tout botté à l'église de San-Francisco, où, selon l'usage, le «o/to 5 avait été disposé pour la clôture de leur session, tétait là qu'il devait jurer le maintien des privilèges de la principauté de Catalogne. Cette formalité ayant élé remplie P^^ lui, les certes déclarèrent que, comme Sa Majesté avait ^" à supporter de grandes dépenses pour le bénéfice de la
*• Lettre de Gio. Soranzo du 15 mars 1564.
— Lettre de Gio. Soranzo du 23 mars 1564.
^- Lettres de Tisnacq à la duchesse deParme,des 18 et 21 mars 1564.
'*• Il le fit général de la mer, et lui donna pour successeur dans la vice- "^y^uté de Catalogne, le duc de Francavilla, beau-père du prince d'Êboli. •"^Ures de Tisnacq à la duchesse de Parme et à Viglius, du 18 février 1564; ^^^»*e de Gio. Soranzo du 23 avril ; lettre de Saint-Sulpice à Charles IX, du *^ mai.)
** ne faut pas confondre ce don Garcia de Tolède avec le personnage ^ itiême nom et de la même famille qui était gouverneur de don Carlos. . ^- SoliOy littéralement trône. Mais, en Catalogne, ce mot avait reçu une ^^fiificalion plus étendue : il voulait dire le théâtre qui était dressé pour ^Uverlure et la clôture des cortès, et sur lequel , aux degrés les plus éle- ^^> était disposé le trône du souverain. Ainsi Ton se servait de ces ex- *^'*^ssions î abrir el soUo, tener el solio, subir al solio, etc.
102 DON CARLOS BT PHILIPPE il
chrétienté, cIIps avnienl résolu de lui accorder trois c mille livres, mais en spécifiant qu'elles les accordaîeni leur volonté propre et sans qu'elles y fussent obligées. F ippeseleva ensuite, quitta Téglise et monta à cheval. D'oi naire le souverain, en licenciant les certes, créait chevali plusieurs de leurs membres ; il n'en fit pas cette fois un se Aussi son départ de la ville fut-il bien différent de son arriv car on ne vit alors aucun des gentilshommes qui appar naient à la noblesse catalane se joindre à son escorte *.
Ce fut pendant le séjour de Philippe II à Barcelone q arrivèrent les archiducs Rodolphe et Ernest, fils aînés Maximilien, roi de Hongrie et de Bohême, et petits-fils l'empereur Ferdinand F^
A la suite de la diète d'Augsbourg de 1550, où Charl Quint avait usé de tout son ascendant sur Ferdinand et Maximilien, pour les faire consentir à ce que Philippe dey rni des Romains quand Ferdinand deviendrait empereu il y avait eu un refroidissement niarqué entre les deux br ches d(î la maison d'Autriche. Les princes de la bran allemande se plaignaient hautement que Charles sacri tout à l'avantage du prince d'Espagne 3. Maximilien et! lippe, dont les intérêts particuliers avaient été en lutte d
1. ».... Erano molti clic volevano esserfatti cavalieri, corne si snols preusare quando si finiscono le corti ; non volse il re farne par'ano, ma se usci di chiesa e montô a cavallo, e di longo si andô faori délia città, ^'randissima varietà di qucllo segni nel suo entrare, perciochè si com incontrato et acccllato con lutta quelia allegrezza che si poô imaginare,
ncir uscire non fù accompagnato da alcuno di questi cavalieri » (L
de Gio. Soranzo du 27 mars 1564.)