CHAPITRE V
^^ns la matinée, Philippe partit pour Barcelone , où il 'iN^\l prorogé les certes de la principauté de Catalogne et 4es comtés de Cerdagne et de Roussillon. Il y fît son ent le 6 février, au milieu de grandes démonstrations c resse de la population. Pendant plusieurs jours, des s eurent lieu en son honneur *. La joie des habitants de voir leur souverain se manifestait par des danses dans les rues et devant le palais royal. Assez souvent Philippe se mettait un masque pour aller se mêler à la foule : c'était, selon le jugement du monde, un moyen de dissiper la mélancolie dans laquelle il avait été plongé à Monzon, où il n'avait guère eu d'autre passe-temps que celui qu'il se donnait avec ses bouffons ^.
L'inquisition voulut solenniser, à sa manière, le séjour du roi dans la capitale de la Catalogne : le dimanche 6 mars, die fit célébrer un auto-da-fé auquel assistèrent les évêques espagnols qui revenaient du concile de Trente. Deux estrades avaient été dressées sur la plaza mayor : les inquisiteurs Pnrent place sur l'une; l'autre fut occupée par les malheu- ^ux dont les sentences allaient être lues et exécutées : ils e^ient au nombre de quarante environ, tous vêtus de jaune e^ coiffés de mitres sur lesquelles des diables étaient représentes. Philippe se rendit, pour voir la cérémonie, dans la
^^t suffisamment comprendre l'opposition qu'y rencontra Philippe II : * '^'leron muy litigiosas , dit-il, por aver muchos anos que no las tuvie- " ^^^"., « (Felipe II, liv. VI, chap. xvi.)
*• Lettre de Gio. Soranzo du 14 février 1564. — Lettres de Tisnacq à la ^"c^esse de Parme et à VigUus, du 18 février.
' ' Ben spesse volte si fa maschera e va mettersi nel mezzo di tutti :
, ® ^i conosce che prende molta consolatione, e voler rifarsi délia me-
j ^,^^ nella quale è statta quattro mesi e mezzo in Monzon.... » (Lettre
j ^^' Soranzo du 14 février.) — Le môme ambassadeur disait, dans une
,, ^ /i^i 11 novenibre 1S63, que le roi était « gran parte del giorno con li
^^ bnffoni e colle 8uoi trattenimenti piaccevoli. »
maison devant laquelle était l'estrade des inquisiteurs; i resta aux fenêtres pendant tout le temps qu'elle dura, c'està-dire depuis le matin jusqu'à deux heures de l'après-midi. Sept personnes furent brûlées vives, et Ton livra aussi au? flammes l'effigie de deux autres qui étaient mortes en prison dans le temps que le saint-office instruisait leur procès; un plus grand nombre fut condamné aux galères et fouetté. Presque tous étaient des Français. Comme toujours, cet horrible spectacle avait attiré une immense afQuence de curieux *.
A Barcelone, les discussions des certes avec les ministres du roi recommencèrent avec non moins de vivacité qu'ê Monzon. Philippe avait rendu une déclaration par laquelle les trois bras de la principauté (ainsi nommait-on les ecclésiastiques, les nobles et les villes) étaient privés du pouvoir d'élire chacun trois personnes pour décider les difficult qui se présentaient touchant les fiieros , et cette décision était attribuée au roi ou à son représentant. Les Catalane insistaient sur la révocation de cet acte, qu'ils regardaient comme portant atteinte à leurs libertés ; ils étaient blessés aussi de ce qu'après avoir commis quelqu'un pour recevoîi
1. «...., Qaesti signori dell' inqoisitione fecero domenica l'auto, che cos domandano quando danno essecutione aile sententie contra quelU che 80D< incolpati per roffitio suc. Fecero fare doi palchi eminenti nella piazza, Toi contra Taltro : in nno erano tutti gV inquisitori, nell' altro erano li qnerellad, al numéro di circa 40, yestiti di giallo con le mitrie con li di li di penti in testa. Il re era in una casa sopra il palco delli inqnisitori, e M sempre aile finestre. Principiarono al levar del sole e finirono due t da poi mezzo giorno. Fecero leggere il processo di cadauno public; 6 finito a cadauno publicarono la sua sententia. Ne hanno mandati in, gai e frustati , e ne hanno bruciati con due statue di poi che sono morti u prigione. La maggior parte ans! quasi eran Francesi.... Gli fà tanto con corso e tan ta frequentia di gente che fù uno stupore, e il spectacolo f& o spaventoso e terribile che in vero apportô grandissima manvi^ia ad < uno.... » (Lettre de Gio. Soranzodu 9 mars 1564.)-