‹ Don Carlos et Philippe IIChapitre 79 sur 358 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

cettte occasion , et qui étaient si dissemblables de caractère, 4' inclinations, de sentiments, en avaient conçu l'un pour Yaulre une antipathie qui allait presque jusqu'à la haine; ftaximilien retendait même à toute la fiation espagnole : il avait renvoyé de sa cour la plupart des personnes de cette ûation qui y étaient attachées *. Lorsque, en 1556, il vint à Bruxelles avec sa femme pour faire ses adieux à l'empereur, 11 y eut entre lui et Philippe une sorte de réconciliation ^ ; mais elle fut plus apparente que réelle, car il n'eut pas lieu d'être satisfait de l'accueil que lui firent le roi et ses ministres, et il n'obtint de son beau-frére rien de ce qu'il prétendait : aussi, à son départ, dit-il avec humeur à la reine douairière de Hongrie que, puisqu'on tenait si peu décompte de lui, il s'arrangerait avec la France et, s'il le fallait, avec 'e Turc 3. Philippe, dès son avènement à fa couronne, entret'nt des relations amicales et suivies avec le roi des Romains, ^<^n oncle * ; il n'eut avec son beau-frère que les rapports

^' « Sopra tutti gli altrî odia Spagnuoli,i^ si puô in alcun modo rite-

''^l'e (^he COQ alcani non ne dica grandissimo maie, et faccia ogni cosa ancora per far parlire quei pochi che restano ancora appresso la regina, percioctiè nella sua corte non ve ne sono restati più di due pur di qualche ^^to.... » (Relation de Paolo Tiepolo, du 12 octobre 1557, sur le roi des "^^ains Ferdinand; dans les Jielazioni degli ambasciatori venen al *^^a«o, sér. I, t. III, p. 151.) ^- Jielraite et mort de Charles-Quint, etc., Introduction , p. 132. ^- Ibid., t. II, p. XXV.

' *^ans une lettre que François II écrivit, le 3 septembre 1560, a l'évêque ^ Henn^, son ambassadeur à Vienne, on lit : « J'ay bien noté ce que '* ^oxis m'escrivez des propos que vous a tenuz le roy de Bohesme, lequel " ^ous ne sçauriez mieux faire que de visiter souvent, pour l'entretenir ^ous jours en Camytié qu*il faict démonstration de me porter, et l'as-

* ^enrer que je y correspondray tousjours de pareille affection.... » {Négociations, lettres et pièces diverses relatives au règne de François II,

^' ^05.) Ce passage est digne de remarque, eu égard à la date de la lettre,

• '^. Sa correspondance avec Ferdinand, du 18 mars 1556 au 3 février 1563 . ^ec des lacunes toutefois), a été publiée dans la Coleccion de documentos ^^ditos para la historia de Espana, t. II, pp. 419-592.

î'^erdinand avait reporté sur Philippe l'affection qu'il avait toujours té-

les plus indispensables. Les principes de ce dernier da les matières religieuses, les complaisances qu'il montra pour les novateurs ^ devaient élargir encore la barrière q les séparait. Quoiqu'il se fit dire la messe et qu'il observât plupart des pratiques de l'Église romaine, Maximilien lai sait douter s'il était plus catholiciue que protestant. 11 av£ pour prédicateur un prêtre marié et père de plusieii enfants, lequel soutenait pabliqucment les doctrines de L ther ; il évitait les occasions de se montrer dans les proce sions, aux offices des morts et à d'autres cérémonies où présence eut pu être interprétée comme une marque qu'il avfl l'esprit catholique. Les principaux de sa cour, son grau maître surtout, qui jouissait de beaucoup d'influence aupn de lui, étaient connus pour luthériens *.

moigDée à GharlAS-Quint. GranveUe écrivait au roi le 6 noTembre 156i » La yoluntad que muestra el emperador en todas las cosas de Y. y> merece que Y. M. tenga toda cuenta en lo que puede redundar en benelic » de su casa... » [Papiers d'Etat du cardinal de Granvelle,i, YI, p. 19

Giovanni Michiel, dans la relation qu'il fit au sénat de Venise, en j au retour de son ambassade auprès de Ferdinand, s'exprime ainsi : « f j> rimperatore e il re di Spagna yi ë maggior e stretta intellîgenza che : » possibile, e senza dubbio Sua Maestà gli porta quasi quel rispetto'c » portava aU' imperator Carlo, communicando di propria mano 11 si » pensieri insieme, o sopra moite cose si consigliano... » (Bibliothèque i périale à Paris, MS. Saint-Germain-Harlay 277, t. II, fol. 316.)

1. ce A tutte le novità che gli vengono messe inanzi egli da orecchio... (Relation de Paolo Tiepolo, 1. c , p. 152.)

2. c< ... Ha nome di saper megiio che alcun' altro dissimulare, e Irat nersi con chiascuno. Perô non si alienando in tutto da* catholiCi, s* guadagnato una gran gratia coi lutherani, perciochè dall' un canto rit la messa e gran parte délie cerimonie délia Chiesa romana, montre ai altro usa per predicatore un prête maritato che ha al quanti figliuoli, il qu> publicamente predica quasi tutta la dottrina lutherana. Da un tempo quô ha fuggito le occasioni di ritrovarsi a processioni, ad uffîzî de* me e ad a.tro che possa dar giuditlo certo che Tanimo suo fosse catholico li principali délia sua cortc, massime il maggiordomo, che appresso di puô gràndissimamente, sono conosciati da ciascuno psr Intherani*.. (/6td., p. 151.)

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