CHAPITRE V
Cependant les répugnances personnelles (liaient finir par cédeî* aux nécessités de la politique et à l'intérêt commun des deux branches de la maison de Habsbourg.
Bien que la plupart des électeurs fussent décidés à n'avoir îiucun égard au pacte de 1551 fait entre Charles-Quint, Ferdinand et Maximilien sur la succession à l'Empire, Maximilien ne pouvait se dissimuler que sa signature placée au bas de ce pacte constituait un engagement qu'on serait en droit de lui opposer, quand il briguerait la dignité de roi des Romains. Il était donc d'une haute, importance pour lui que Philippe II se désistât de toutes prétentions fondées sur 'a convention d'Augsbourg, et que ce monarque secondât ses démarches en Allemagne, au lieu de les traverser. En outre, il avait une nombreuse famille pour l'établissement de '^quelle il comprenait le prix qu'il devait attacher à la bienveillance de son beau-frère.
De son côté, Philippe II avait des motifs sérieuse de désirer lue de meilleurs rapports s'établissent entre lui et Maximilien. Les Pays-Bas lui causaient de graves soucis ; il y régnait un ^^urd mécontentement; déjà même des symptômes peu favo- '"îibles au maintien de l'autorité royale et de la religion s'y •Manifestaient, et l'état de la France ainsi que de l'Angleterre '^i faisait craindre que ces deux puissances ne cherchassent ^ y fomenter l'esprit de trouble et de rébellion. Il sentait ^însi le besoin de se créer des amis en Allemagne, et il '^'ignorait pas en quelle haute estime était Maximilien ^^près des peuples et des princes de la Germanie *. Il ^^Yait également que le concours du roi de Bohême pouvait
1. Paolo Tiepolo disait de lui, en 1557 : « Nella Germariia è celebrato per ** rarissimo principe, e hayuto in grandissima existimatione e. reverenza. » ^^elaiion déjà citée.)
contribuer beaucoup au succès du concile qui venait d'è convoqué à Trente et dont il se promettait d'importants i sultats.
Les choses étaient donc toutes disposées pour un ra prochement entre les enfants de Ferdinand et de Charli Quint.
Ce fut Philippe qui prit l'initiative. Sur la fin de 1860, écrivit à Maximilien une lettre pleine d'expressions affe tueuses et de paroles de confiance : il l'y entretenait c questions religieuses ^ui étaient à Tordre du jour; il av soin aussi de lui parler d'autres choses propres à l'intére plus particulièrement, comme du mariage de sa seconde fil Tarchiduchesse Elisabeth, avec le roi don Sébastien de Pc tugal *. Cette lettre devait lui être remise par l'ambassade d'Espagne à Vienne, don Claudio Fernando de Quinon< comte de Luna, qui était chargé d'en amplifier le conten 11 était autorisé, de plus, à satisfaire le roi de Bohême s les conséquences de l'acte de 1551, au cas qu'il en l question.
Philippe souhaitait ardemment que Maximilien envoj les deux aînés de ses fils en Espagne : il aurait ainsi ( gages de l'amitié de leur père; il ferait en sorte qu'ils s'il prégnassent d'idées et de sentiments espagnols, ce qui devait pas être difficile, puisque l'un, Rodolphe, compt huit ans à peine, étant né en 1552, et que l'autre n'en av que sept ; enfin — et cela était à ses yeux d'un intérêt capit — leur séjour à Madrid les préserverait des doctrines pei cieuses qui n'avaient que trop cours en Allemagne. Il faire une insinuation dans ce sens à don Mîirtin de Guzma
1. Cette lettre nous manque; elle n'est pas aux Archives deSimancas. sens de ce qu'elle contenait ne nous est conim que par la dépêche comte de Luna, du 29 janvier 1561, dont il sera question plus loin.