Albèri, Relazioni, etc., sér. I, t. V, p
Don Carlopallnit juToniplir s^n dix-noiiviùmc «année. Le roiso décida onlin à lui donner enlréo au conseil d'Ktat ; il y siéj?ea pour lu première fois le 16 juin : Philippe lui-même l'introduisit dans la chambre du conseil ; après quoi il se retira, le laissant au milieu de ses conseillers. Don Carlos, qui aspirait dt^puis longtemps h prendre part aux affaires publiques, lit paraître une grande joie do cette détermination de son j)ère*. CeptMulant il ne montra pas d'abord beaucoup de zèle, et ce fut seulement l'année suivante, lorsque don Juan d'Autric^îie i^ut aussi été admis par le roi à faire partie du premier corps de TÉtat, (pfen le vit assidu aux séances du conseil : il voulut même alors qu'elles se tinssent dans sa propre chambre ^.
Philippe !I s'occupa, dans le même temps, de remplacer don Garcia d(». Tolède, ayo ci f]^rand maître du prince, qui
1. «.... Da poi elle hi ^laostà «tel re è rilornato tlcl viaggio ch' a fattô, si mostra picna di (Icsidorio di darlo satisfaziono, o lo ha inlrodotlo net consigliu di Stato, havcndolo lei medesiiua accumpa^^nato dentro, e subito usci fauri, lasciandolo cun II signori consigliiTi : il chc è di tanto piacere di Sua Allczza che si vedo in lei grandissimi segni d'allogrozia.... » (Lottro do Gio. Sornnzo, du 4 juillet 15Gi.) — Lettre do Dietrichstoin, du S9 juin (KocH, p. 129). — (Lettre de Tisnacq à la duchesse de Parmo, du 28 juin.
La duchesse de Panne, écrivant à Lawarus Schwondy, le 26 août, lui disait : « Par les dernières qu'avons d'Kspaigne, du vi*» de ce mois, Ton » nous adverlist que monseigneur le prince se renfurçoit de plus on plus, » et frêquenloit desjà lo conseil d'Kstat, h la grande satisfactioD d'ung » chascun, jwiir le grand espoir qu'il donne ol de sa jicrsonne fit àe $on » esprit. » (Archives du royaume, papiers d'État.) '
Sur quel témoignage Marguerite do Parme faisait-elle cet éloge de don Carlos? Nous avons cherché vainement à lo découvrir.
2. a L'entrare «h questo signore («Ion Juan) ne i consigli pare che habbia cccitato un poco più il principe, il qualo anchora que sia molto tempo che havesse autorità d'ontrarvi, nioslrava perô di non curarsa moUo, non entrando quasi mai, et hora vi si Iruva scmpro, facendosi iutli i consigli nella propria caméra sua.... » (Lettre d'Antonio TiepolOi du 25 juin 1565.)
CHAPITKE VII u:^
était mort le 29 janvier de cette année * . cette charge étail fort anibilionncc à sa cour; le tlnc de Sessa, Ii» comie de Benavente , le comte de Ferla et plusieurs auti*es fçrands d'Espagne s'étaient mis sur les rangs pour l'obtenir^. Philippe, qui, plus d'une fois déjà, avait eu à se plaindre de Tesprit d'indépendance de son (ils et du peu de déférence qu'il lui montrait^, voulut placer auprès du prince quelqu'un qui lui fût tout dévoué. 11 conféra à Ruy Gomez de Silva le poste que le décès de don Garcia d(5 Tolède avait rendu vacant *. Il fit conseiller d'État Luis Quijada, qui en avait rempli les fonctions depuis le mois do janvier, et le gratifia, en outre, de la meilleure commonderie parmi colles (jui étaient disponibles ^\
Issu d'une ancienne et illustre famille de Portugal, Ruy
1. Coleccion de documentas inéditospara lahUtoria de Espma, t. XXVII, p. 90.
2. c Hieri SuaCattolica Macstàha publicato maggîordômo maggior
deir serenissimo principe rillustrissimo signor Rui Gomez , honore quai ara molto proccurato dal signor duca di Sessa, conte di Benevenle, conle di Ferla e da molti allri grandi di Spagna.... » (Lettre de Gio. Soranzo du là août 1564.)
3. Saint-Sulpice écrivait à sa cour, le 12 juin 1564, que don Carlos comtnençait à se montrer « assez à rebours au roy et à ce qu'il luy ordonr> noit. >»
4. L'ambassadeur Sainl-Sulpice étant allé féliciter le prince d'Eboli sur sa nouvelle charge, celui-ci *lui répondit « que le roy son maislro luy avoit » voulu commettre cesto charge, . pour la fiance qu'il avoit en lay, et pour >i eslre prez de son filz jusques à ce qu'il seroit maryé, car lors sa femme * prendroit le soing de luy. » (Lettre secrète du 7 octobre 1564.)
Lorsque rentrevue de Bayonne entre la reine Elisabeth et la reine-mère fut convenue, Saint-Sulpice, conformément à ses instructions, sollicita le roi afin que le prince d'Eboli accompagnât la reine. Philippe II lui dit que, « pendant ce voyage de Bayonne, le prince son filz debvoit aller à Nostre- » Dame de Guadalupe, lequel il ne vouUlroit fyer à homme du monde que i> Ruy GomeZj et estoil dangier, s'il n'estoit tousjours bien près do luy, » qu'on ne le trouvast au retour là où onl'auroit laissé an partir. » (Lettre secrète du 16 mars 1565.)
5. «... Ya Vm. sabrd como Su HJag^ hizo mayordomo mayor de su hijo îil senor Ruy Gomez, y à Luis Quijada hizo del consejo, y le diô la mëjor
(iomoz de Silva otnit venu enfant en Castille avec sa mère, à la i^uitc (le la princesse Isabelle, qui épousa Charles-Quint en 1526*. L'empereur l'ayant admis au nombre de ses pages, il fut élevé avec le prince Philippe, et une grande intimité s'établit entre eux. Pour des raisons qu*on ignore, Charles-Quint jugea convenable un jour de l'éloigner de son fils : le prince en éprouva une telle affliction qu'il fallut le lui rendre ^. C'était Ruy Comez, comme on l'a vu, que PhilipjMî avait chargé d'aller porter à l'empereur la nouvelle de la naissance de don Carlos; c'était lui encore qu'en 1847 il avait envoyé.ci Aujisbourg, pour féhciter son père des victoires signalées (jui venaient de le rendre l'arbitre suprême de la Germanie ^,
Lorsque Philippe fut monté sur le trône, il combla Ruy (iomez de ses faveurs : il le fit son sommelier de corj^s, membre de son conseil d'État et grand trésorier de Castille ; il lui conféra le titre de comtiî de Melito, et bientôt après l'éleva à la dignité de prince d'Eboli. Telle était l'influence de ce ministre auprès de lui, que communément on ne l'appelait plus Ruy Gomez, mais roi Gomez *. Aussi son dévouement à son souverain était-il sans bornes, et il offrait le
encomienda vacante.... » (Lettre de Gonçalo Ferez à Jaan Vazqaex de Molina, du â6 août 1564 : Ârciiives de Simancas, Eiiado, leg. 144.)
1. « Os Silvas tinham una grandeza que nào possuia nenhama outra familia de Ëuropa.. . . Ruy Gomes de Silva, d'esta mesma casa, senhordealgumas terras em Portugal, passou a Gaslella ao serviço de dona Isabel, malher do emperador Carlos V. » (A. P. Lopes de Mendonça, Apontamenio$ para a hùioria da conquista de Portuijnl por Filippe It, dans les Annales de l'Académie royale de Lisbonne , partie des sciences morales et politiques et des belles-lettres, t. I, 1857, p. 268.)
2. Relation de Federico Badoaro, faite au retour de son ambassade auprès de Charles-Quint et de Philippe II, en 1557, dans les Relations des ambassadeurs vénitiens^ etc., p. 45.