‹ Don Carlos et Philippe IIChapitre 97 sur 358 · CHAPITRE vu · texte numérisé non relu

CHAPITRE vu

Grand muletier (acemilero mayor) : Simon do Silbra.

Nous laissons do côté une foule d'ofticiers subalternes, tels que panetiers, sommeliers, cuisiniers, pâtissier, saucier, barbiers, tailleur, cordonnier, lavandières, couturières, huissiers, laquais, portier, etc. *

Le roi compléta la maison de son tils en lui donnant pour secrétaire Martin de Gaztelù ^, qui avait rempli cette charge auprès de Tempereur Charles-Quint pendant les deux dernières années de sa vie.

Dans le mois d'août 1564, une nouvelle vint remplir d'émotion et d'inquiétude TEspagne entière : on apprit que la reine était dangereusement malade, A la suite d'une fausse couche, elle avait eu une fièvre violente accompagnée de divers accidents des plus graves. On l'avait saignée (juatre fois, la dernière au haut du front; son état n'avait fait qu'empirer. Elisabeth do Valois comptait à peine dix-neuf ans ; par sa douceur, sa grâce, sa bonté envers tous c(^ux qui l'approchaient, par sa tendresse pour son mari, elle avait conquis l'amour des Espagnols. Aussi la désolation fut universelle, et se manifesta par des processions, des prières, • des jeunes, des vœux, des disciplines qu'on vit des enfants même se donner. Au milieu de l'affliction générale, don Carlos "se montra plus affligé que personne ^ : plusieurs jours de suite il alla processionnellement, avec les princes de Bohême, les ambassadeurs et les grands, visiter les églises et les hôpitaux de Madrid. La situation de la reine était désespérée : ses médecins espagnols la regardaient

1. Cédule de Philippe II donnée à Valladolid, le 14 mai 1564. (Archives de Simancas : Conladurias générales, 1* epoca, leg. 1031.)

2. Il prêta serment le 29 novembre 15(i4. {Ibid,, leg. 1121.)

3. « Doulant oultre mesure, » dit do lui rambossadeur Sainl-Suipioe dans une lettre da 19 août.

c-oniine perdue; elle avait fait son tesiaineiit, et Ton s'apprêtait à lui donner rextrème-onetion. Alors un médecin français de sa suite, le docteur Monguyon, deniandn au roi Tautorisation de tenter l'emploi d'un remède dont les effets devaient être décisifs : Tayant obtenue, il administra à l'auguste malade un purgatif d'agaric. qui, en moins de deux heures, j)roduisit des résultats merveilleux. Elisabeth était sauvée. Quelques jours après, elle entra en convalescence *. Notons ici, sans tirer de ce fait aucune induction, que, pendant sa maladie, Pbilippe H ne voulut pas permettre une seule fois à son iils de la \oir, tandis que Tambassadeur de Franco put l'approcher aussi souvent (ju'il le désira ^.

Au commencemcînt de septembre, la fièvre reprit à don Carlos, et d'une manière assez sérieuse '^. Elle dura une dizaine de jours. Vers h milieu du mois, l'ambassadeur de Venise alla le visiter, pour lui offrir les compliments de condoléance de la Seigneurie à l'oc'casion de la mort de l'empereur Ferdinand; il le trouva en conv^alescence, mais il gardait encore le lit et il paraissait extrêmement faible ♦. II put toule-

1. Lettres de Saint-Sulpice à Catherine do Médicis, des 10, 19 et 25 août 1564. — Lettres de Tisnacq à Viglius, des 2 et 24 août. — Lettre dé CourlewiUe ;\ Viglius, du 26 août.

Courtewille s'exprime ainsi : « Par une fîobvre continue, elle (la i*eine) » a avorty au bout de sept jours, demeurant icello tousjours et s'ang- » mentant de jour à aultre, avccq divers accidents : de sorte que, aa 5> boult du xviiie, l'on se trouvoit en désespoir de sa vie, et n*y east mé- » decin qui n'y eust perdu le noort, si avant que l'on tenoit Textréme- » unclion preste en court pour la luy donner. Et, comme à une créataro » abandonnée, l'on bazarda, par consentement du roy^ do lui donner une » purge bien forte en ung breuvaige, qui opéra de sorte qu'il s'en ensni- » vit jusques à xxxii ou xxxiii chambres : chose non espérée, et do la- » quelle elle s'est trouvée mieulx... »

2. C'est Saint-Sulpifce qui l'écrit ainsi dans sa lettre du 19 août.

3. Lettre de Gio. Soranzo du 5 septembre 1564. — Lettre de Saint-Snlpice à Catherine de Médicis, du 12 septembre.

4. « ... Qnando io vi^^itai il s^renissimo principe per nume délia Serenitd

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