‹ Don Carlos et Philppe IIChapitre 107 sur 172 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

également du dessein qu’il avait d’entretenir le consistoire de l’affaire du prince d’Espagne (').

Le cardinal de Granvellc seconda efficacement. les démarches que don Juan de Züfiiga fità Rome et dans d’autres parties de l’Italie, pour effacer la mauvaise impression que le public avait reçue des nouvelles divulguées par les Français ( 2 ). Ce qu’il écrivitau roi ne dénote pas pourtant qu’il fut convaincu de la fausseté de ces nouvelles ('). Du reste, en celte occasion, la perspicacité si justement renommée de cet homme d’Élat fut en défaut : il n’entrevit pas le but que s’était proposé Philippe II en arrêtant son fils; il crut qu’il s’agissait seulement de corriger le jeune prince ( 4 ).

La réponse de Pic V «à la communication de Philippe II nous est inconnue ( 5 ) ; on ne la possède ni au

(') Lettre de don Juan de Zûfiiga au roi, du 5 mars 1568 ( Coleccion de documenlos méditât, etc., t. XXVII, p. 14.)

(*) Con Su Sanlidad esta hecho el officio que Vuestra Magestad

manda.... Assimesmo se ha hecho con lodos aquellos que convenia, y escriptoà lodas partes, para reparar à lo que Franceses havian publicado.... » (Lettre de Granvelle au roi, du 9 mars 1568 : Arch. de Simancas, Eslado, leg. 906 )

I*) « .... Con làgrimas de sangre del corazon, respondo à la que Vuestra Magestad ha sido servido escrivirme v sobre todo me oa

PESA LA CAUSA.... » [Ibid.)

(*) » .... l’Ieguo à Dios... que lo quo se haze sirva de remedio, conforme al sanlo deseo de Vuestra Magestad, y que se doble el dicho senor principe a lo que séria razon ... » [Ibid.)

Don Juan de Zùniga s'y trompa aussi; dans sa lettre au roi du 5 mars, il lui dit : » l’iega à Dios que desto se siga el effeto que Vuestra « Magestad dessea. »

( s ) Elle parait avoir été ignorée de Ladorchi, qui donne la leltro du roi du 20 janvier et relie de l'archevêque de Rossanodu 24. (Voy. Annales crclesiaslici, t. XXIII, pp. 144 el suiv.) — D’après Cabrera, le pape

Vatican ni à Siraancas. Elle était sans doute des plus affectueuses, car nous lisons dans les lettres de l’archevêque de Rossano que, lorsqu’il la présenta au roi, en l'accompagnant de paroles appropriées aux sentiments dont elle contenait l’expression , des pleurs s’échappèrent des yeux du monarque (’). 11 dit au nonce que ses obligations envers Dieu étaient si grandes, qu’il n’avait pu se dispenser, pour le service de Sa Divine Majesté et le bien de ses royaumes, de faire ce qu’il avait fait : qu’il rendait mille grâces au souverain pontife ; que les paroles de Sa Sainteté le soutenaient dans ses tribulations ( 2 ).

Le pape cependant témoignait de jour en jour plus de souci au sujet de cette affaire ; il en parlait souvent, et c'était chaque fois avec une sensibilité extrême (*). Il s’inquiétait surtout des faits qui avaient pu amener la réclusion du prince d’Espagne : les dépêches de son nonce à Madrid ( 4 ) n’étaient pas plus explicites à cet

aurait demandé à Philippe II qu'il traitât don Carlos avec l'indulgence d'un père, et que la détermination qu'il avait prise de l'enfermer ne fût pas poussée jusqu'à la rigueur d'un châtiment : « Pidiôel pontifice al rey catôliro mirase como padre por la « correction de su hijo. « y no encaminase à rigor de castigo su recogimieuto.... » (Liv. VIII, chap. V, p, 496.1

(’) esprimere delle quali comparuero alcune lacrime negl’

occhi di S. (Lettre de l’archevêque de Rossano au cardinal

Alessandrino, du I" mai 1568: Bibliothèque nationale à Madrid, MS. X 172, p. 682.)

(•) « .... De gl’ amorevoli et santi conforti chc le dava.... • {Ibid.)

(*) Lettre de don Juau de Züfiiga à Philippe II, du 9 mars 1568. (Aroli. de Simanras, Eslado, leg. 906.)

(*) Voy., dans'l’.tp/icnr/icc B, les lettres de l’archevêque de Rossano au cardinal Alessandrino, des 24 janvier cl 4 février 4568.

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