‹ Don Carlos et Philppe IIChapitre 112 sur 172 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

aux opinions de la réforme eût été pour quelque chose dans sa disgrâce (').

Nous avons la réponse du duc d’Albc à la lettre française du roi ; elle est insignifiante ( 3 ). Celle qu’il fit à la lettre espagnole n’a pas été trouvée à Simancas, mais le contenu nous en est révélé par une dépêche que Philippe II adressa au gouverneur des Pavs-Bas le 6 avril (’).

« J’ai reçu, écrit-il au duc, votre lettre du 19 février. Je crois bien, selon l’amour que vous me portez, que, jugeant avec raison de l’embarras où m’a mis l’alfaire du prince mon fils, vous y prenez toute la part que vous dites. La peine , les soucis qq’elle m’a causés sont tels que vous pouvez le considérer. Néanmoins j’éprouve tant de satisfaction d’avoir fait ce que je devais au service de Dieu et au bien de mes royaumes; je suis si content d’avoir rempli l’obligation rigoureuse qui m’était imposée de pourvoir, pour le présent et pour l’avenir, aux grands inconvénients qu’il y avait à craindre; de plus, j’ai tant de confiance que Dieu conduira la chose à bonne fin, que tout cela contribue beaucoup à alléger ma peine et à diminuer mes soucis.

« Vous me représentez que je devrais déclarer, plus particulièrement que je ne l’ai fait dans ma première

(') « Alcuni dicono che la sia cosa sia dipendente da religione, ma non viene cio scritto di Spagna. • (Avis secrets envoyés d'Anvers au gouvernement anglais, le 15 février 156S.)

f Lettre du 22 février 1568. (Arch. de Simancas, Eslado, leg. 539 ) Cette dépêche fut, comme celle du 23 janvier, rédigée par le docteur Velasco.

# 5<;o DON CARLOS ET PHILIPPE II.

lettre, les causes de l’arrestation du prince. S'il ne parut pas nécessaire alors de vous en apprendre davantage, c’est que, connaissant si bien le naturel, la condition et les actions du prince, vous pouviez avec la prudence dont vous êtes doué , comprendre suffisamment , par les termes de celte lettre, les raisons qu’on avait d’agir de la sorte et la fin qu’on se proposait ; vous pouviez juger qu’une si grave détermination n’avait pas pour motif des fautes commises par le prince, ni pour but celui de le châtier, car en l’un et en l’autre cas on eût procédé différemment, et qu’on ne l’enfermait pas non plus pour mettre fin à ses désordres, ou réformer son caractère, puisqu’une longue expérience a fait voir que sa nature aurait résisté à ce moyen d’amendement et à tous les autres.

« De cela il résulte, d’une façon bien claire, que le but est d’apporter un vrai et entier remède aux choses à venir, et d’empèeher le dommage très-considérable qu’on prévoit notoirement qu’il y aurait en tout pendant ma vie, et plus encore après; qu’en conséquence, et le temps ne pouvant faire cesser la cause des déportements du prince, la résolution qui a été prise n’y est pas subordonnée non plus (').

« Ce qui vous est dit dans cette lettre et ce qu'on vous a mandé précédemment suffiront pour votre information et votre satisfaction particulière. On n’a pas pensé ici qu’il soit à propos, quant à présent, de

(’) Le texle de toul ce passage est tellement entortillé, que je mef^is appliqué principalement à en donner une traduction aussi littérale que |>ossible.

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