CHAPITRE XV
faire à d’autres une déclaration semblable, mais il a paru qu’il faut s’exprimer avec eux en termes généraux, nonobstant les jugements divers qui en résulteront; et l’on ne déviera pas de celle ligne de conduire, à moins que vous n’insistiez sur la nécessité d'être plus explicite, et que vous n’en déduisiez la raison. Seulement il a été trouvé expédient de vous avertir que, comme les hérétiques, pour accréditer leurs erreurs et fortifier leur secte, pourraient aisément attribuer l’arrestation du prince à des soupçons sur sa foi, vous devez vous appliquer à désabuser tout le monde d'une telle opinion, qui non-seulement porterait atteinte à l’honneur et à la considération du prince, mais encore serait contraire à la justice et à la vérité. Vous désabuserez de même ceux qui s'imagineraient que cette mesure a été motivée par une conspiration contre ma personne ou une rébellion : car il n’y en a pas eu l’ombre, et il importe qu’une
présomption pareille ne s’établisse pas ('). »
Le duc d’Albe, lorsque cette dépêche lui parvint, craignit d’avoir été indiscret. Il s’empressa de s’excuser, protestant que jamais il n’était entré dans sa pensée d’obtenir du roi, sur l’affaire du prince, des éclaircissements qu’il ne convenait pas à Sa Majesté de lui donner. S’il avait désiré savoir quel langage il devait tenir aux gens qui lui cri parlaient, c’était afin de mieux remplir les intentions du maître ('). Du
(’) Vojr. le lexle dans l' Appendice B.
(*) « .... Nunca Dios quiera me pasisc à mi por pensamieolo siq 1 car h V. M. me dieseâ mi mas parle ui clarùUd en esle negocio de la que
rosie, il n'y avait déjà plus aucune personne de considération qui l'entretint de ce sujet (').
Ce que nous savons de l'effet produit à la cour d'Angleterre par l’arrestation de don Carlos, se réduit à ce que la reine Elisabeth écrivit à son envoyé à Madrid, le doyen Mann : « Vous présenterez au roi, « en notre nom, lui dit-elle, des remerc'unenls pour « la manière amicale et fraternelle dont il agit avec « nous, en nous informant, par son ambassadeur, des « incidents notables et dignes détre rapportés, parmi « lesquels nous n’avons à déplorer que le dernier, « concernant son fils. Nous espérons néanmoins que « la sagesse du roi contribuera à corriger ce que le « caractère du prince pourrait avoir de répréhensi- « ble. Ce sera une bonne fortune pour le prince, que « d’avoir été réformé par un père aussi bon et aussi « affectionné Q. » On voit qu’Élisabelh regardait
V. M. fuessc servidoy le pareeiessc convenir.... Solamcnie era mi intencion (por no errar à la de V. M.) saber qué era servido quo respondiesse à los que me hablasacn en oilo.... » (LeUre du duc à Philippe II, du 22 mai 1568 : Arch. deSimancas, Esltulo, leg 539 )
(*) Ya no hay quicn traie comigo en la materia, à quien sea
menés Ut dar respuesla.... • [Ibid.)
(*) • .... You shall nlso, in our name, givo Iho king thanks for his frrndly and brolherly dealmg wilb us in bis usuully advertysing hilher
10 11 s hy his ambassadors of suchc accidents as lie of any noie and worthy reporling, amongst ali wich wc weare sorry only for Ihis last touching his sonne, and yct we trust the king wisdom will appeare such as for the reformaoion of any Ihing amisse in the piince his sonne.
11 shall appeare to hâve bcene a very gond fortune for his sonne lo hâve reeeivcd reformaoion by so decre and good a falher... • (Siale paper Office, papiers d’Espagne.)
La minute de celle lettre est datée du 25 janvier 1567 (1668, n st.) ; mais c’est là une erreur de celui qui a écrit la date : les communications