‹ Don Carlos et Philppe IIChapitre 114 sur 172 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

comme temporaire la séquestration de don Carlos. Ce fut, dans les premiers temps, l'opinion généralement répandue en Europe. On trouvera, parmi les Appendices, une lettre du doge de Venise à Philippe II où il exprime aussi la pensée que la rigueur déployée par le roi contre son fils l'a été pour l’avantage particulier de celui-ci (').

Le courrier porteur des dépêches de Philippe II ù ses ambassadeurs à Vienne arriva dans celte capitale le 17 février (•*). Chantonay ctVenegas avaient à peine pris le temps de parcourir la correspondance de leur souverain, qu’ils se transportèrent au palais. En ce moment, l’empereur et l’impératrice revenaient de la chasse; ils allaient se mettre à table : Maximilien donna toutefoisaudienccaux deux envoyés d’Espagne. Après que Chantonay et Venegas lui eurent exposé brièvement le sujet de leur visite, ils lui présentèrent la lettre du roi. Maximilien, en la lisant, changea de couleur; il demanda des explications, et comme les ambassadeurs se trouvaient hors d’état de lui en fournir, l’impression qu’il avait reçue d’une nouvelle à laquelle il était si peu préparé, devint plus vive

entre Madrid ot Londres étaient très lentes en ce temps, et l'ambassadeur de Philippe II prés la reine Élisabeth ne put remplir la commission dont il était chargé pour elle qu'à la fin de février ou au commencement de mars. La lettre de la reine doit donc être de ce dernier mois.

(') « .... >on puo cadcr in mente d'alcuno.... cbe questo effetto non sia stato falto da Vostra Maostà anco per bcncficio particolarc di Sua Allezza.... » (Lettre du ti mars 1568, dans \’ Appendice B.)

(*) Lettre de Chantonay à Philippe II, du dernier février t>68. [Coleccion île doenmentos indditoi, etc., t. XXVII, p. 8.)

encore. Il voulut qu'il ne fût rien dit à l'impératrice avant qu’elle eût soupe. Le repas fini, il passa avec elle dans sa chambre, où les ambassadeurs les suivirent. Là Cliantonay et Venegas instruisirent l’impératrice de l’cvénement du 18 janvier. Marie en témoigna une peine égale à celle de son époux. Don Carlos eût été leur propre fils, que l’un et l’autre ne se fussent pas montrés plus affligés : l’impératrice dit cependant que. le roi, étant père, savait ce qu’il faisait, et qu’on devait croire que ce qu’il faisait était pour le bien du prince('). À quelques jours de là eurent lieu à la cour les noces d’une des filles du baron de Polweiler, qui était attachée à la maison de l’impératrice; l’empereur ne voulut pas permettre qu’il y eût, à celte occasion, des danses ni d’antres divertissements ( 5 ).

Eu Allemagne, la nouvelle de l’emprisonnement de don Carlos fut le sujet d’une foule de commentaires : dans tous les États protestants, on se persuada que ce prince avait été arrêté pour son penchant au luthéranisme (').

L’empereur et l’impératrice répondirent au roi le 28 février. La lettre de Maximilien n’est conservée ni au dépôt de Simancas ni dans les Archives impériales, à Vienne; nous n’en avons que la substance (‘).

(') Coleccion <1* ilecumnilos iné.lilox, clc.. t. XXVII, p. 8.

(*) /fm/.

(') • .... Verdaderamentc es cosa grande loque esta inrerlidumbre ha rausado de disrur.-os uiirversalmcntc. Todos los liereges de Alemauia luihlican que es por le de la religion ; los olros andan segun sus sontidoe. .. • (/Mi/ )

{*) Dans uj.e noie intitulée Punit)! il* tarins drl rmjierador y nnjir-

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