CHAPITRE XV
Philippe ajoutait qu’il avait eu l'intention de mener le prince aux Pays-Bas, afin que l’empereur le vit, l’entendit et le jugeât par lui-même, mais qu'il avait abandonné ce dessein, à cause des complications qui auraient pu en sourdre, et surtout pour éviter à son
naluraleza de su condicion, se han en et di-curso de su vida hasta el estado présenté lanto de-cubierld y conBrmado, y se tieno desto tan larga y particu'ar espcriencia, que aunque yo, con el amor de pndre y por justificar enteramenle la causa, y porque no me quedase lastima du no haver provado todos los mediosy remedios, lo hediferido, ha muchos dias que estov muy cerlificado que los defectos son laies y tan naturales que en ninguna manera podia yo (satisfaciendo a la obligacion que tengo al servicio de Dios y bien de mis rcynos) dejar de venir al lérmino que lie venido de encerrarle y recogerle. Y aunque por los intombeuientes que en mis dias podiun resultar, que no fueran pocos ni pcquenos ni de poca inquietud, desasosiego y perturvaeion, quisiera yo parar y dissimuler, los que, de-pués de mi vida, rerayendo en el principe la suheesiou. se havian de causer, se representaban ser tan grandes y de tan grande peiÿuicio a la causa pûblica, que no se podia ni dévia excuser de los prévenir : que difiriendose esto para adelante, y no tomùndoso este fundamenlo y medio, lo que yo en esta razon pudiera ordenar y disponer no solo no Tuera baslanle remedio, antes orasion de mayor lurbacion y desasosiego. Y tomado este prinripio y fundamenlo romo necesario, se consiguiran à él las otras diligencias que en caso de lal qualidad, haviendose de venir y paresciendo ser necesario y convenienle hacer declaracion y détermination, se requieren : procediendo con el inaduro cousejo y dcliberucion, y con la austeridad, soleuidad y buena orden que en tal negocio conviene, en que no |>odra dejardc baver alguna dilacion. Y en el progreso y discurso dél se yrà con Vuestra Alteza comunicando lo que occurrierc, como lo tengo de hacer en todas mis cosas. especialmeulesiendode la qualidad é importance que esta es.
« De lo que esta dirho enleuderà V. A. clara y aviertamenle el fundamento que se ha lenido y el Tin à que se endereza la determinaciou que ho tomado, y que ni dépende de culpa contra mi comelida, ni de que la haya en el principe en lo de la fee, porque ni en lo uno ni en lo otro lia a'ido de que tralar, ni tatnpocose lon.o por medio para su reTormacinn, pues siendo causas tan naturales y tan conflrmadas, desto no se ténia esperauza : segun loqual lo que se lia becho no es temporal, ni para que eu ello adelante aya de baver mudaiiça alguna. »
DON CARLOS LT PHILIPPE ïl
beau-frère la peine que cette entrevue lui aurait fait éprouver ('). 11 manifestait sou regret de la rupture du mariage projeté entre le prince et l’archiduchesse Anne. Il conseillait à l'empereur d’accueillir pour sa Hile la demande du roi de France; la reine-mère lui avait écrit avec instance afin qu’il s’y employât, et il avait promis de le faire. 11 l’engageait aussi à conclure le mariage de l’archiduchesse Elisabeth avec le roi de Portugal. Enfin il remerciait son beaufrère d’avoir trouvé bon que les archiducs Rodolphe et Ernest, qu’il aimait comme ses propres fils, restassent encore à sa cour (*).
A sa sœur, Philippe marquait sa gratitude des consolations qu’elle lui envoyait et des prières qu’elle voulait bien adresser au ciel pour lui :>< Votre Altesse « — lui disait-il — étant une grande servante de « Dieu, j’ai toute confiance que ses prières seront très- •< agréables ft Sa Divine Majesté ('). » Il s’abstenait de l’entretenir de l’alTairc du prince, en se référant, surcc point, au contenu de sa lettre à l’empereur, pour n'avoir pas deux fois le déplaisir de parler de choses aussi pénibles, cl pour épargner à sa sœur celui de. les lire deux fois elle-même (‘). « J’ai voulu — pour-
(') Tout ce passage manque dan3 le brouillon de Simanras.
(■) Ce passage relatif aux archiducs manque aussi dons le brouillon de Simancas.
(’) <i .... Sicndo Vueslra Alteza gran sierva suya (de Dios), esloy muv eonfiado que las oraciones de V. A serait muy aceplasà Su Divina Mageslad. • (Lettre du t'J mai I5C8 : Arch. de Simancas, Eslado, leg. ISO.)
(') .... üue pues la maleria es de tanlo disgusto, no lo lie querido repolir en esta, por no le recivir xo dos vcccs ni darlo à V. A., sino rerailirmea aquello .. [Ibid.)
CI1APITKE XV.
« suivait— il — on communiquer si particulièrement « à Vos Altesses et leur ouvrir mon cœur, afin de « satisfaire à ce qu’exige notre étroite parenté; avec « aucun autre je n’ai à m’expliquer de la sorte dans « une affaire d'une telle nature et de père à fils. » Il assurait au surplus l’impératrice qu’on avait et qu’on aurait de la santé, du service et du traitement du prince tout le soin convenable, sous le rapport du corps aussi bien que sous celui de lame (').
On aura remarqué que la lettre de Philippe II à l’empereur Maximilien, postérieure de dix jours à celle qu’il avait écrite au pape, est au fond de la même teneur, mais qu'il y fait connaître d’une manière bien plus positive ses intentions à l’égard de son fils.
Ce fut le 21 juin que les lettres du roi Philippe parvinrent à Vienne; l’empereur et l'impératrice les attendaient avec une impatience extrême ( 2 ). Chantonay s'empressa de délivrer à l’empereur celle qui lui était destinée; Maximilien s’en montra médiocrement satisfait (*). La réclusion de don Carlos lui
(') • .... Selo ho querido comunicar tan en parlirular y abrirles mi pecho, por satisfacerà VV. AA. como !o requiere nuestra hermandad, quecon ninguno otro yo no lengo para déclara rme, siendo negocio do tal qtialidad y do padre à hijo, de cuya salud, scrvicio y buen Irulamienlo se tieno y ternà siempre el cuydado que as razon y V. A. mo avierte, as i do lo del cnerpo como principalmenlo de la de! aima.... • [Lettre du 40 mai 1568.)
(*) • .... El emperador y la emporatriz estàn con grandissimo deseo esperando la venida del correo.... • (Lettre de Chnntonay à Philippe II, du 12 juin 1368 : Arch. de Simancas, Estado, leg. 638.)
(•) Il est intéressant do constater les impressions do la cour de Vienne à cette époque. L'euvoyé de Savoie écrivait à son maître, le 24 juin :
tenait au cœur, tant pour l’affection qu’il portait à ce prince, que par rapport aux changements qu’elle allait amener dans les affaires publiques. II dit, à plusieurs reprises, à Chantonay que, si la situation de l'Allemagne le lui permettait, jamais de sa vie il n’cùt fait rien aussi volontiers que de prendre la poste et d’aller trouver le roi son beau-frère, afin d’en conférer avec lui. Il revenait là-dessus cliaquc fois que Chantonay ou Venegas lui parlait du mariage de la princesse Anne avec le roi de France : il accueillait froidement les ouvertures qui lui étaient faites en vue de cc mariage, voulant par là témoigner les sentiments qu’il conservait au prince d’Espagne, et faire voir qu’il ne donnerait sa fille à un autre que de mauvaise grâce et en quelque sorte par force, pour ne pas déplaire au roi catholique (').
Les ambassadeurs espagnols ne cessaient cependant d’insister afin d’avoir de lui une réponse formelle. Le comte de Fiesquc, qui représentait Charles IX à Vienne, y travaillait de son côté; mais Maximilien ne pouvait se résoudre à renoncer à une union qu'il avait lanl désirée. Enfin il déclara à Chantonay qu'il allait faire partir quelqu’un pour Madrid, qui traite—
« E giunlo ftnalmenle un atlro corricrc di Spagna, il quale, porqunnlo « .s'intende, par che tandem ha bld porlato nuove délia causa délia
• delenlione del principe, la quale dicono che sarà perpelua, et dicono
• non esservi allra causa, cccetloche è pazzn del lutto, et che mosso da « pazzia insanahilr, ha macchinato contrôla vilu del re sno pudro.... • (Arch. de cour et d'Élat, à Turin.)
(') Lettre de Chanlonay à Philippe II, du 16 juillet 1508. dans la Culeccion (le doeumentos iuélilos, etc., t. X X V 1 1 , p. SS.