‹ Don Carlos et Philppe IIChapitre 118 sur 172 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

rail en detail avec le roi de l’affaire du prince et de plusieurs autres; qu’il espérait en Dieu que le tout s’arrangerait; qu’il ferait au roi des ouvertures telles que son beau-frère ne saurait avec raison les rejeter; qu'il était obligé d’agir ainsi par sa parente avec le prince et rattachement qu’il lui avait vouc('). Chantonay ne négligea rien pour le faire changer d’avis : il se prévalut des instructions que lui et Vcnegas avaient reçues; il allégua le refus essuyé par la reine douairière de Portugal , qui avait voulu se rendre elle-même en Castille (*); il dit que Dieu savait à quel point tous les Espagnols souhaitaient rélargissement du prince, mais que, si d’importantes raisons commandaient de le remettre à une autre époque, l'envoi, par l’empereur, d’une personne expresse, en opposition à la volonté du roi, aurait peut-être un résultat tout différent de celui qu’il désirait : en effet, au cas que l’intercession de Sa Majesté Impériale ne fût point aeeueillic, le roi se verrait en certaine manière empêché de faire de lui-même, plus tard, ce qu’il aurait refusé de faire maintenant. Chantonay dit encore qu'il paraîtrait étrange à tout le monde que

(') « . .. Que estaba deterhiinado de enviar una persona que muy a la large pudiese Iralar con V. M. sobre lo del principe y olros parliculares ; y esperaba en Dios que para lodo se ballaria medio y alierlura, y que S. M I- abririn camions por los ruâtes V. M. con murha rnzon bubiese de mudar su ilcterminacion ; y enfin no podriu dej.ir de limer lo que le obligaba el deudo y amor que licne con el principe, y eslo habia de pu sur adelante en lodo caso ... » (Lettre de Chantonay à Philippe II, du 28 juillet : Arch. de Sitnancas, Erla-lu, leg. 05S.)

I *; Voy. p. 531.

l’empereur eût eu si peu de crédit auprès de son beau-frère ('). Ces raisons ne convainquirent pas Maximilien. Il y répliqua en souriant, et en se montrant plein de confiance dans le succès des négociations qu’il allait entamer (’).

C’était sur son propre frère, l’archiduc Charles, que l'empereur avait jeté les yeux pour l’ambassade qu’il voulait envoyer à Madrid ; il ne pouvait montrer d’une façon plus significative l’importance qu’il y attachait. 11 donna avis de sa détermination au roi Philippe par la lettre autographe suivante :

« Sire, la lettre de Votre Altesse que m’a apportée ce courrier m'a fait éprouver la même satisfaction que je ressens ordinairement de toutes les siennes. Je n’ai pu cependant me décider quaujourd’hui sur la réponse que j’y donnerais : car, considérant quelques raisons qui ont mû Votre Altesse dans la détermination qu’elle a prise à l’égard de son fils, et l’intention qu’elle parait avoir de ne pas s'arrêter là, et la peine

(') « Y o le dije que S. M sabia lo que sobre esto V. M. nos habia mandado, y que aeà se babia escrito que la reyna de Portugal habia querido ir à Castill:», para entender bien lo que pusaba en esto del recogiiniento del principe mi seiior. y que cslo se habia desviado, no distante que es abueln ; que el alargamienlo de S. A. sabia Dios euanto ern descado por lodos los vasallos, mas si por ciertos respect os V. M. lo queria diferir por algun tiempo, era de lemer que de enviar el emperador persona expresa agora, contra la voluntad de V. M , era poner la cosa en lai estremo que, no acabàndose con aquella intercession, quedaba V. M. en cierta manera alado à no podcrlo con el tiempo haccr do suyo : y lambien parcsceria estrano à todo el mundo que S. M. hubiese podido lampoco con V. M » (Lettre de Chantonay du SS juillet.)

(’) .... Rcspondio siempre sonrieudo, y mostrando esperanza cierta del btien sucesodesu determinacion.... {Ibid.)

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