‹ Don Carlos et Philppe IIChapitre 137 sur 172 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

cercueil et de la reconnaissance du corps qu’il renfermait se répéta deux fois en 1575, lors de la translation des restes de don Carlos à l’Escurial : la première fois, le 5 juin, à neuf heures du soir, dans l’église de Saint-Dominique, en présence de plusieurs personnages notables ('), de la prieure et de la sous-prieure du monastère; la seconde fois, le 9 juin, à cinq heures après midi , à l’Escurial , devant les hiéronymites délégués par le couvent ( : ).

Le lendemain matin (25 juillet), les archiducs, les ambassadeurs, la cour, les ministres, les conseils, qui avaient accompagné la dépouille mortelle de don Carlos au monastère de Saint-Dominique, y retournèrent pour la messe de requiem, qui fut chantée pendant huit jours consécutifs : le roi, craignant que les princes Rodolphe et Ernest n’en éprouvassent de la fatigue, leur permit seulement d’y assister le premier jour ( 3 ).

Philippe se relira, le 28 juillet, au monastère de l’Escurial (*), faisant montre d’une grande douleur ( 5 ) qu’il ne ressentait pas intérieurement : car la mort de son fils venait « le tirer de plusieurs soucis, » selon

(’) Entre autres : don Juan Manuel, évêque de Zàmora.don Francisco l.opez Pacbeco, duc d’Escalona, le comte de Chinchoo, trésorier générai de la couronne d'Aragon, don llodrigo Manuel, capitaine de la garde espagnole, don Luis Manrique, grand aumônier, etc.

(’) Arch. deSimancas, Obra» y bosquet, Escorial, leg. 3.

(*) Lettres de l'archevêque de liossano, du 27 juillet, et de Nobili, du 30 juillet 1568.

{*) Cabrer*, liv. VIII, chap. V, p. 497.

(*) Lettres de Cavalli, du 24 juillet, et de l'archevêque de liossano, du 27.

l’expression d’un des ambassadeurs accrédités à sa cour('). Il ne rentra à Madrid qu’après la célébration des obsèques du prince.

Ce fut le 10 et le 1 i août qu’eut lieu cette cérémonie ( : ), au monastère de Saint-Dominique. Toute l’église était tendue de draperies noires parsemées d’écussons aux armes royales qu’on avait brisées d’un larabel d’azur, en signe de la mort d’un héritier présomptif de la couronne. Au milieu s’élevait un baldaquin sous lequel était la représentation du corps , avec l’estoc, le sceptre royal et le collier de la Toison. Des bannières figurant l’aïeul, l’aïeule, le père et la mère de don Carlos, étaient suspendues aux quatre colonnes du baldaquin. Il y avait, à chaque coin, un roi d’armes revêtu de sa cotte et un massier ayant le

(') Lettre de Fourquevaulx à Charles IX, du 26 juillet. — Anlnnio l’erez, dans une de ses lettres ( Srgunrlas Carias, CV, « à monsieur » Zamol, sobre la muerte de doua Gregoria, su hija maijor »), dit que Philippe II pleura pendant trois jours la mort de son fils. Voici ses propres expressions : « No voy à V. S., que no estoy cierto para ser « visto, porque, aunque me lieue en poco este siglo, me cslimaria en « inenos, viéndome herho uiiio de sesenta aùos. Pero mas valor que » quantos reyes uy, ténia un rey que vo sé, y llorô 1res dias por su hijo, « cou ser su perseguidor • (OU ras y relaciones, édit, de 1631, p. 920). Mais nous n’ajoutons pas une foi égale à tout eu que contiennent les écrits d'Antonio Perez.

{*) • Avec beaucoup de pompe et de solennité, » si l’on en croit les avis envoyés d’Espagne au gouvernement anglais, tandis que la pompe aurait été « médiocre, » selon ce qu'écrivait au président Viglius, le 17 août, le garde des sceaux Hopperus, qui était présent : • Celebratae « sunt exequiae postridie Sancti l.aurenlii pompa mediocri » ( Joach . llopperiEpislolaeatl Viglium, p. 186). Il est |>ossiblcqueccquiparaissail pompeux en Espagne fût trouvé modestn par un Flamand habitué aux magnificences qu’on déployait dans son pays en ces sortes d'occasions.

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