CHAPITRE XVI
bâton d'argent en main. En avant du baldaquin étaient placés, sur des lances, le casque et la couronne royale ; un écusson aux armes de Castille se trouvait au-dessous. Enfin on avait disposé tout autour différentes bannières, parmi lesquelles étaient celles que le prince portait dans les tournois elles jeux de cannes, et qui étaient à scs couleurs, blanche, noire et jaune. Les deux archiducs, le cardinal d'Espiuosa, les ambassadeurs, les grands, les conseils, la cour, furent présents aux obsèques ; la reine et la princesse dofia Juana, accompagnées de leurs dames, assistèrent aux vêpres ('). On remarqua qu’aucune oraison funèbre, aucun discours ne fut prononcé Q. Les jours suivants, un service pour le repos de l’âme du prince fut célébréau nom de Yayuntamiento ( 5 ). Dès le 24 juillet, un bando avait prescrit aux habitants de la capitale de se vêtir de noir pendant neuf jours. La cour, les ministres, les officiers royaux portèrent le deuil durant une année (*).
Dans tous les Etats qui dépendaient de la monarchie espagnole, la mort de don Carlos donna lieu à des cérémonies analogues à celle qui avait été faite à
(*) yuivrAXA, I. c. — Lettre cou tenant des avis secrets envoyés d’Espagne, dans l’Appendice C.
Selon les • avis secrets, • la reine et la princesse assistèrent aux vêpres dans le chœur de l’église; d’après (Juintana, ce fut de l'intérieur du couvent qu elles les entendirent.
(■) « NoUiron los que lu vieron morir, que no se predicé en el dia do « sus tiouras. • ( Gu. Goxçalez o'Avila , Tealro de las yramlcza.s île Mailrül, I6J3, in- fol., p. 144.)
( J j Lettre de Tisnacq à Viglius, du 17 août.
Lettres de Nobili, du 30 juillet, et do Fourquevaulx, du ("août 1565.
Madrid. A Naples, on n’y déploya aucun appareil; le père Salmerone, de la compagnie de Jésus, dit seulement quelques paroles dans lesquelles il loua, d’une façon modeste, le prince que l’Espagne venait de perdre ('). Aux Pays-Bas, le duc d’Albc commanda que, pour le « très-cher et très-aimé fils » du roi, on suivit ce qui s’était pratiqué, en 1ÈJS8, pour la reine Marie d’Angleterre ( J ).
Rome et Paris, Pie V et Catherine de Médicis, témoignèrent, par des démonstrations publiques, la part qu’ils prenaient à un événement dont les conséquences, quoique bien diverses pour eux, les intéressaient à un degré presque égal. Heureux de savoir que don Carlos était mort en prince véritablement catholique ( 3 ), Pie V lui fit faire des funérailles dans sa chapelle, le 6 septembre, avec la même solennité qui avait été observée, sous Paul III, lors de celles du dauphin de France ( 4 ); il y assista, entouré du collège des cardinaux ( â ). Catherine de Médicis ne se
(') Scrivono di Napoli cho ivi sono State latte l'esseguie del prcncipe di Spagna senza alcuoa pompa. Il padre Salmerone, délia congregazione del Jesu, fece uu pocodi predica, luudandoesso prencipe modeslamente.» (Lettre écrite de Vienne, le <6 septembre 1568, dans la Colleclio Fuyycriana, t. I. Voy. Chmel, Vie Handschriften der k. k. HofbMioUiek in Wien, etc., t. I, p. 350.)
(*) Analectes belgiques, 1830, in 8°, p. 165.
(*) • .... Su Santidad holgo de enlender queel Ou de S. A. huviese sidode tan calôlico principe.... » (Lettre de don Juan de Zünigaà Philippe II, du 3 septembre 1568 : Arch. de Simancas, Estailo, leg. 906.)
(*) Dixome que haria honras en su capilla, de la manera que se
hicieron en tiempo de Paulo tercio pore] delfin de Francia (Ibid.)
(*) Honras bêchas en Ho ma pur la muerle del principe nutslro sciior, dons le 28' livredc Bersoza, aux Archives de Simancas, Eslado, leg. 2018.