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jeune infante; motif de chacun d'eux. — Don Carlos doune un nouveau sujet de mécontentement à son père, en frappant don Diego de Acuiia, l’un de ses gentilshommes. — Le roi le réprimande, fait passer Acuûa à son service, et le gratifie d'une commanderie supérieure a celle qu’il avait 23t
Chapitre X. — Troubles dans les Pays-Bas. — Origine, causes et caractère de ces troubles. — Philippe 11, à son départ décos provinces, veut y laisser trois mille Espagnols, pour garder les places fortes; mécontentement qu’en conçoit la nation. — Autres griefs des Belges. — Placards sur la religion. — Inquisition. — Ordres rigoureux donnés par Philippe. — Nouveaux évêchés ; causes qui les rendent impopulaires. — Jalousie des grands contre le cardinal de Granvelle, dont le renversement devient le but des efforts communs des mécontents. — Imputations dirigées contre ce ministre et dont l'histoire doit le justifier. — Le roi résiste d’abord à l'opposition, mais il finit par céder, et invite le cardinal à s’éloigner des Pays-Bas. — Mortification que Granvelle en éprouve. — Il quitte Bruxelles. — Situation des Pays-Bas après sa retraite. — État de la religion : calvinisme; luthéranisme; secte des anabaptistes; répugnance des juges à appliquer les placards ; murmures du peuple lors des exécutions capitales; protestants arrachés des mains des officiers de justice; prisonniers délivrés par force ou évadés par la connivence ou ■ incurie des magistrats; refus de concours aux inquisiteurs; progrès des idées de tolérance; dépopulation du pays; émigrations eu Angleterre; machinations des émigrés contre le gouvernement du roi, — État des finances : vieille dette envers les gens de guerre; emprunts faits par les villes de Flandre pour le roi ; sommes levées en Allemagne et aux Pays-Bas; déficit dans les aides accordées par les états ; insuffisance du produit des domaines pour couvrir les dépenses de l'administration ; arriéré des traitements et des pensions ; mauvais état des places fortes ; impossibilité de payer l'entretien des détenus condamnés aux galères. — Envoi du comte d'Egmont en Espagne. — Accueil qu’il reçoit du roi, de la famille royale et de toute la cour. — Réponses du roi sur les points mentionnés eu son instruction et les représentations particulières qu'il y a ajoutées.
— Faveurs personnelles sollicitées par Egmont et que le roi lui accorde. — La duchesse de Parme nomme une commission composée d’évêques, de magistrats et de théologiens, pour discuter les questions que soulève l'élat de la religion. — Résultats
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des délibérations de celle-ci : elle propose des modifications dans l'application des placards. — Publication du concile de Trente. — Aplanissement des difficultés que l'érection des nouveaux évêchés avait fait naître. — La duchesse envoie au roi les délibérations des évêques, des magistrats et des théologiens ; elle lui propose la révision des instructions des inquisiteurs, la nomination de nouveaux membres du conseil d'Elal, et la subordination à ce conseil des conseils privé et des finances.
— Fray Lorenzo de Villavicencio : quel était ce moine; ses voyages; ses écrits et scs sermons contre les protestants ; ses démêlés avec le magistrat de Bruges ; ses lettres au secrétaire Erasso et au roi ; son départ pour l'Espagne ; influence qui peut être attribuée à ses rapports, à scs conseils et à ses exhortations sur les déterminations de Philippe II. — Le roi se prononce contre toute modification aux placards ; il n'admet pas la subordination des conseils privé et des finances au conseil d’Etat; il augmente d'un seul membre ce dernier conseil, et son choix ne tombe sur aucun des candidats présentés par les seigneurs ; il réitère les ordres donnés par lui précédemment pour l'exécution d’anabaptistes prisonniers; il ne veut pas que le moindre changement soit apporté à l'exercice de l'inquisition.
— Murmures que ces résolutions excitent. — Ecrits contre le roi et la religion semés dans le pays. — Irritation des seigneurs. — Le prince d’Orange, le marquis de Berghes, le comte d'Egmont, déclarent qu’ils n'exécuteront pas les ordres venus de Madrid; lettre du comte d'Egmont au roi. — Requête des quatre chefs-villes de Brabant contre l'inquisition. — Confédération des nobles.— Assemblée des seigneurs à Breda et è Hoogstraeten. — La duchesse de Parme appelle a Bruxelles les chevaliers de la Toison d'or et les gouverneurs. — Requête que lui présentent les confédérés. — Sa réponse. — Envoi à Madrid
du marquis de Berghes et du baron de Montigny 287
Chapitre XI. — Accident arrivé au marquis de Berghes. — Montigny, après quelque résistance, part seul pour l'Espagne. — Opinion désavantageuse que le roi a de ces deux personnages: motifs sur lesquels elle est fondée. — Il dissimule toutefois et fait à Montigny un accueil bienveillant. — Il le rassure sur ses sentiments à l’égard des seigneurs des Pays-Bas. — Montigny est dupe de ces démonstrations fallacieuses. — Il représente au roi l'urgence d'abolir l'inquisition, de modérer les placards et d’accorder un pardon général. — Réponse évasive de Philippe. —
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Nouvelles instances de Monligny. — Le roi remet sa décision jusqu'après qu'il aura établi sa résidence au château de Vnlsain. — Il ordonne à Hopperus, Tisnnrq, Courtewille et Pfinzing d'aller l’ai tendre à Ségovie.— Il mande au château de Valsain les membres de son conseil d'Élat, et veul qu’ils délibèrent avec les ministres belges sur les mesures qu'exige la situation des Pays- Bas. - Remarque à propos du compte rendu de ces délibérations par Hopperus. — Mécontentement de Montigny de n’avoir pas élé appelé au conseil. — Mémoire présenté par lui au roi. — Philippe II réunit, sous Ra présidence, ses ministres espagnols el belges ; il leur déclare ses déterminations sur les trois points sollicités par le gouvernement des Pays-Bas. — Hopperus el Tisnacq les communiquent a Montigny. qui les blâme avec vivacité devant eux, s'en explique librement avec le roi, et tient un langage plus libre encore à Ruv Gomez. — Restrictions mentales mises par le roi aux concessions auxquelles il vient de consentir : déclaration secrète dont il fait dresser acte par le notaire Pedro de Hoyos ; lettre a son ambassadeur à Rome. — Il ordonne à 13 duchesse de Parme de lever des troupes en Allemagne, et lui interdit de convoquer les états généraux. — Position pénible de Monligny, dont les ennuis s'augmentent encore des retards que souffre l’arrivée du marquis de Bergbes. — Répugnance île Berghes pour la mission qu’ou lui avait donnée. — Il se met enfin en route. — A Lusignan il hésite a poursuivre son chemin, et envoie son majordome Aguilera a Montigny. — Conférence nocturne et secrète d'Agtiilera avec Montigny. qui le présente le lendemain an roi. — Philippe écrit au marquis de Berghes une lettre autographe où il lui exprime le désir de le voir. — Berghes se remet en route et arrive à Ségovie. — Il est bien reçu du roi, et remplit au château de Valsain ses fonctions de gentilhomme de la chambre. — Audiences données par le roi à Berghes et à Monligny. — Conférences qu’ils ont avec le duc d'Albe et Ruy Gomez, et qui n’aboutissent à rien. — Nouvelles fâcheuses reçues des Pays- Bas : saccagement général des églises et des monastères. — Le roi, déjà un peu indisposé, est saisi d'une fièvre violente en apprenant ces nouvelles. — Lettres ultérieures de la duchesse de Parme complétant le récit des dévastations exercées par les iconoclastes, et faisant connaître les concessions auxquelles elle s’est vue obligée de souscrire. — Exaspération des Espagnols contre les Belges ; sermons passionnés de leurs prédicateurs. — Consternation, désagréments et embarras des Belges qui se trou-
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venta Séeovie. — Rétablissement de Philippe II; il reçoit un envoyé de Charles IX. — Lu fièvro le reprend; mais il en est tout à fait délivré au commencement d'octobre. — Sa maladie ne l’empéebe pas de s'occuper des affaires ; cédule qu'il fait expédier aux églises cathédrales, afin qu'on prie pour la famille i-oyale et pour la conversion des hérétiques ; lettres à la duchesse de Parme touchant son voyage prochain aux Pays-Bas et l’assemblée des étals généraux, à laquelle il continue de s'opposer.
— Il quitte le château de Valsain et rentre a Madrid. — Nouvelles de plus en plus alarmantes des Pays-Bas : projets de partage de ces provinces formés par les rhefs du mouvement révolutionnaire ; plans de résistance à l'armee royale. — Soucis qu'en prend Philippe IL — Il assemble son conseil, sous sa présidence, pour délibérer sur le parti auquel il s'arrêtera définitivement. — Discours du comte de Chinchon, de don Juan Manrique et du duc d'Alhe. — Assentiment qu'obtient du roi le langage de ce dernier, auquel il destine le commandement de ses troupes. — Vains efforts du prince d’Eholi pour lui faire préférer le comte de Feria. — Berghes et Monligny tâchent, avec aussi peu de succès, d'engager le roi à envoyer aux Pays-Bas le prince d'Eboli lui-même. — Doutes sur les rapports que. suivant l'bistorieu Cabrera, les deux seigneurs belges auraient eus avec don Carlos. — Le roi ne donne pas connaissance, d abord, à la duchesse de Parme du choix qu'il a fait du duc d'Albe, et pourquoi. — Dispositions qu'il prend pour la concentration en Italie d'un corps de troupes considérable. — Lettres aux princes italiens. — Envoi du comte Juan de la Anguisola aux cantons suisses, de don Juan de Acuna au duc de Savoie, de don Bernardino de Meudoza «u duc de Lorraine.
— Nomination de Francisco d'ibarra comme provéditeur général. — Explications sur les ressources à l aide desquelles Philippe Il fit face aux frais de cet armement. — Arrivée à Madrid de l’évêque d’Ascoli, chargé par Pie V de solliciter le départ du roi pour les Pays-Bas et la délivrance de l'archevêque de Tolède.
— Mécontentement querelle mission cause à Philippe II — Plaintes qu'il en fjil au pape, dans des termes Irès-vifs, par l'intermédiaire de son ambassadeur à Rome. — Instances vaines de Berghes et de Montigny pour obtenir du roi la permission de retourner aux Pays-Bas. — Mort de Berghes à Madrid. — Honneurs que le roi lui fait rendre. — Arrestation de Montigny, qui est enfermé d’abord à l'alcazar de Ségovie, et ensuite
au château de Simancas, où le roi le fuit étrangler secrètement. 335
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Chapitre XII. — Convocation des cortès de Castille. — Séance d'ouverture. — Proposition royale. — Réponse des cortès. — Départ du roi pour l’Escurial. — Apostrophe adressée au* rortès par don Carlos. — Les corlès accordent au roi le service ordinaire et une subvention extraordinaire. — Elles demandent qu’il ne quitte pas l’Espagne et que le prince se marie.— Don Carlos continue ses emportements et scs violences: il chasse Juan Estovez de Lobon, donne un soufflet à don Alonso de Cordoba, menace de son poignard don Fadrique Enriqucz, fait battre des enfants, veut qu'on brûle une maison d'où un peu d'eau lui est tombée sur la tête, maltraite des chevaux. — Faits qui prouvent, d'autre part, qu’il n’etait pas inaccessible a des sentiments généreux : entretien àse« frais d'enfants abandonnés-, secours qu’il donne à un malheureux, prisonnier pour dettes. — Jugement porte sur sa conduite par le public de Madrid. — Bruit répandu qu’il n'accomplit plus avec régularité ses devoirs religieux. — Le docteur Hernan Suarez de Toledo — Son dévouement pour don Carlos. — Lettre qu'il lui écrit après la scène des cortès. — Autre lettre plus pathétique et plus forte à l’occasion des rumeurs qui circulaient sur son compte. — Peu d'effet que ces lettres produisent sur don Carlos, qui néanmoins reconnaît l'attachement de Suarez. —Voyage de Philippe II aux Pays Bas: doutes dont il est l'objet; explications provoquées par le nonce; réponse du roi; circonstances qui contribuent à dissiper en grande partie ces doutes. — Le duc d'Aibe va recevoir, à Aranjuez, les dernières instructions du roi. — Il prend aussi congé de don Carlos, qui entre en colère contre lui et veut le frapper de son poignard. — Philippe 11 ne fait point paraître le mécontentement que lui cause celte nouvelle incartade de son fils : an contraire, il lui confie la présidence des conseils d'État et de guerre, augmente sa dotation et lui promet de l’emmener aux Pays-Bas. — Ses rapports avec le prince sont meilleurs, mais pour peu de temps seulement. — Don Carlos lui ayant donné des motifs de plainte, il révoque une partie des choses qu’il lui avait accordées; l’antipathie entre le père et le fils en devient plus forte que jamais. — L’empereur Maximilien, quoiqu'instruit des actions publiques et privées de don Carlos, insiste sur l’accomplissement du mariage projeté entre lui et l'archiduchesse Anne. — Hésitations de Philippe II ; conjectures diverses quelles peuvent faire naître. — 11 montre plus d'ardeur pour un autre mariage : celui du roi don Sébastien de Portugal avec l’arcbiduche^se Élisabeth, que Charles IX recherchait. — Embarras
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île Maximilien, qui aurait préféré l'alliance avec la France, mais qui tient à conserver de bonnes relations avec le roi d’Espagoe.
— Réponses qu'il fait aux ambassadeurs des deux souverains.
— Philippe 11 lui offre de régler les conditions du mariage du prince des Asluries avec la princesse Anne, lors de son prochain voyage aux Pays-Bas. — Maximilien résiste. — Philippe lui envoie en ambassade extraordinaire LuisVenegas de Figueroa.
— Antécédentsde cet ambassadeur. — Instructions qu'il reçoit du roi relativement aux deux mariages. — Son départ pour Vienne. — Présents dont il est porteur pour l'archiduchesse \nne — Don Carlos fait preuve de virilité : joie qu'il en éprouve; avis qu’il en donne au baron de Dietrichstein ; libéralités qu'il distribue a cette occasion. — Déçu de son attente, il prend l'habitude de fréquenter les mauvais lieux. — Prodigalités auxquelles il se livie. — Il veut forcer Nicolo Grimaldi de lui prêier cent mille écus. — Le roi , informé de ce fait, reprend vivement son fils. — Arrivée de Venegas à Vienne.
— Maximilien fait des objections à la demande de sa seconde fille pour le roi de Portugal , et insiste sur le mariage de la première avec don Carlos. — Venegas engage le roi à se rendre aux vœux de l'empereur. — Philippe 11 s'appl que à convaincre le monde de sa volonté de passer aux Pays Bas. — Il fait faire des communiculionsen ce sens aux cours étrangères, et transmet des assurances analogues à la duchesse de Parme et au cardinal de Granvelle. — Il donne avisa son fils, aux archiducs Rodolphe et Ernest et à don Juan d'Autriche de se tenir prêts à l'accompagner. — Il tieut un langage non moins significatif a l'ambassadeur de France et au nonce. — Préparatifs de nature a confirmer le public dans l’idée que le roi va quitter l'Es|iagne.
— Doutes qui subsistent néanmoins a Madrid dans l'esprit de quelques personnes : lettres écrites à ce sujet par Hopperus, l'archevêque de Rossano, le baron de Dietrichstein et le seigneur de Fourquevaulx. — L’événement donne raison à ceux qui ne croyaient pas au voyage. — Paroles du prince d'Elioli à Fourquevaulx. — Arrivée de deux courriers du duc d’Albe. — Observations du nonce à Philippe II ; réponse du roi. — Nouvelle do l'arrestation des comtes d'Egmonl et de Homes. — Communication officielle du président d'Espinosa au nonce. — Communications semblables faites aux ambassadeurs de Franco et, d’Autriche par le prince d'Eboli et le prieur don Antonio de Tolède. — Longue et importante dépêche de Philippe II à son ambassadeur à Rome. — Il écrit en la même substance a ses
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nmbas-adeurs dans les autres cours. — Chagrin de l’archiduchesse Anne, en apprenant la remise du voyage. — L'empereur se montre de bonne composition; il adresse à Philippe II une lettre pleine de témoignages de condescendance. — Réponse de Philippe à Yenegns au sujet de don Carlos. — Commentaires auxquels donne lieu, à Madrid, le changement survenu dans les résolutions du roi. — Incertitude qui existe encore aujourdh’ui sur le point de savoir si Philippe II eut réellement la volonté île partir pour les Pays-Bas. -- Propos que Philippe tient là-dessus à la reine Élisabeth. — Conjectures sur les motifs pour lesquels il aurait changé de dessein, au cas qu’il eût été décidé d'abord à faire ce voyage. — Conclusion 3-Si
Chapitre XIII. — Mécontentement qu'éprouve don Carlos de ce que le voyage du roi aux Pays-Bas est ajourné. — Il forme le projet de s'enfuir d’Espagne et de passer en Italie. — Il veut en cela imiter Louis XL — Parallèle entre ce prince et lui. — Difficultés que don Carlos devait rencontrer dans l'exécution de son entreprise — Il s'entoure de précautions extraordinaires pour la sûretéde de sa personne. — L'ingénieur deFoix, à sa demande, fait un mécanisme à l'aide duquel il puisse ouvrir et fermer luimème la porte de sa chambre, et un livre d'un assez grand poids pour tuer un homme. — Don Carlos envoie à Tolède, à Médina del Campo, à Valladolid, à Burgos, pour emprunter de l'argent; ces démarches n’ont qu'un médiocre succès. — Il en fait faire d’autres à Séville par Garci Alvarez Osorio, l'un de scs aides de chambre ; lettres de créance dont il le munit — Incertitude qui subsiste sur le résultat du voyage d’Osorio ; peu de confiance que mérite ce qui en est rapporté par Cabrera. — Invitation de don Carlos aux noces du prince de Bavière avec la princesse Renée, fille du duc de Lorraine; lettre qu'il écrit en réponse au duc Albert le Magnanime. — Départ de Philippe II pour l'Escurial.
— Lettres do don Carlos à quelques-uns des grands, pour qu’ils l'accompagnent dans sa fuite. — Réponses qu'il en reçoit. — Lettres que, a son départ, il se proposait d'adresser au roi, aux différents ordres du royaume de Castille et aux princes de l'Europe. — Il compte sur la coopération de don Juan d'Au- I riche : détails sur l'intimité qui régnait entre eux. — Il appelle don Juan dans sa chambre, et lui découvre tout soit dessein, en l'engageant à s'v associer. — Raisons qui en détournent don Juan. — Il fail des représentations a don Carlos, et prend un prétexte pour aller I mu ver le roi, ii qui il révèle toul ro qu'il
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x ient d'apprendre. — Objets dont Philippe était occupé en co moment : pratiques de dévotion et de piété; profession des religieux hiéronymites qui avaient été envoyés à l'Escurial de diverses maisons de leur ordre. — Irritation que lui cause le récit de don Juan. — Incident qui l'augmente : don Carlos déclare, en confession, porter une haine mortelle a son pere. — Philippe pusse encore plusieurs jours à l’Escurial ; il fait dire des prières dans les couvents. — Il retourne à Madrid. — Il consulte, non de graves docteurs, comme le dit Cabrera, mais les membres de sou conseil intime. - Il su décide a arrêter et emprisonner son fils. — Entrevue de don Carlos avec don Juan d'Autriche et le prieur don Antonio près du Puido; propos qu'ils échangent ensemble. — Philippe , a son arrivée au |>alais de .Madrid, se rend auprès de la reine; son fils vient l'y trouver. —
Pou Carlos emmène don Juau dans sa chambre ; il veut que son oncle lui prête son concours et s’oblige à le servir en toute occurrence et en tout lieu. — Embarras de don Juan : il cherche à gagner du temps et va tout raconter au roi — Philippe donne audience a l'ambassadeur de France, et assiste ensuite a la messe avec son fils ; aucun signe d'altération ne se fait remarquer sur sou visage. — Don Carlos, ne voyant pas revenir don Juan, soupçonne que le roi connaît quelque chose de son dessein ; il se dit malade et se met au lit. — A onze heures du soir, Philippe, accompagné de plusieurs de ses ministres, se rend a la chambre de son fils, où il pénèlre sans peine, grâce à ce qui a élé concerté avec do Foix — Stupéfaction de dou Carlos ; paroles qu'il adresse à son père; réponse du roi. — Philippe fait clouer les feuèlres de la chambre de sou Ois, enlever les armes et toutes les pièces en fer qui s'y trouvent, ainsi que la casselle renfermant les papiers du prince. — Letties et écrits qu'on y découvre. — Désespoir de dou Carlos, qui veut se jeter dans le feu. — Reproches qu’il fait a sou père. — Le roi se relu e, après avoir donné ses ordres aux personnes qu'il charge de la garde du prince. — .Mesures pi ises par le duc de Fei ia. — Admiration, exprimée par plusieurs ambassadeurs, de la tranquillité d'esprit et de la constance moulrces par Philippe II daus l'arrestation de son fils. — Réflexion a ce sujet 448
Ciivpithe XIV. — Inquiétudes de Philippe 11 sur l'effet que produira 1'urreslatiou de son fils. — Il défend de laisser partir des courriers, et no permet jsisque personne sorte de Madrid. — Il mande le baron de Dielrii hslvin, et lui annonce l'évcuemeDl de
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la nuil. — Il en instruit aussi ses differents conseils. — Il lient mie longue délibération avec ses ministres sur les dispositions à prendre. — Bruit répandu de la prochaine convocation des rortès île Castille et qui ne se vérifie pas. — Communications de Philippe Il à ses royaumes. — Lettres aux grands; aux villes;aux évêques et aux audiences royales; aux généraux ot aux provinciaux des ordres religieux; aux autorités supérieures d'Aragon, de Valence, de Navarre, de Catalogne. — Lettre plus développes au duc d'AIhuquerque. — Communications aux cours étrangères. — Lettre ii la reine de Portugal. — Lettres à l'empereur et à l'impératrice; instructions aux deux ambassadeurs à Vienne, Chantonay et Yenegas. — Lettre â Pie V; instructions à don .luan do Züfiiga, ambassadeur à Hume. — Informations données au roi de France et ii la reine d’Angleterre par l'intermédiaire des ambassadeurs accrédités près ces deux cours. — Lettre française au duc d’Albe. — Lettre espagnole au même. — Notifications faites aux envoyés des puissances étrangères à Madrid : au nonce par le président Espinosa , aux ambassadeurs de France , de Venise et d'Angleterre par le prince d'Eboli. — Remarques à propos de toutes ces communications. — Soin avec lequel le roi évite de s'expliquer sur les causes immédiates de l'arrestation de son fils; conjecture qui peut être formée à cet egard. — Réserve de Philippe en ce qui concerne ses intentions ultérieures. — Il n’est guère douteux qu’il ne fût décidé à priver son fils de la succession à la couronne, et à le tenir renferme pour le reste de ses jours; inductions qui servent de fondement a cette opinion. — Philip|>c prescrit qu'une enquête soit tenue sur les actions publiques et privées du prince. — Fait rapporté par Cabrera touchant le procès du prince de Viana, et dont on ne trouve de trace ni à Barcelone ni à Simancas. — Pourquoi le roi nu donna pas suite à son dessein de recourir à l'autorité du conseil de Castille. — Erreur de la plupart de historiens quant au procès qui aurait été intenté à don Carlos et le dépôt îles actes de ce procès qui aurait été fait aux archives de Simancas. — Ce qu’il y avait dans le coffre où l’on supposait qu’ils étaient contenus. — Conclusion
Cimpitiik XV. — Sensation produite, en Espagne et dans toute l'Europe, par l'arrestation de don Carlos. — Tristesse d’Elisabeth de Valois. — Billet quelle écrit à l’ambassadeur de France. — Hoiïa Juana et de Juan d’Autriche. — Révocation des ordres donnés pour In fête du roi de Portugal. — Réponses des grands
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a la lettre du roi : le coooétable de Castille est le seul qui se permette un langage improbaleur. — Absence, dans les archives de SimaDcas, des réponses des évéques, des supérieurs des ordres religieux et des villes de Castille.— Satisfaction que cause à Philippe II celle de la ville de Murcie. — Renseignements contradictoires sur les réponses des autorités des royaumes d'Aragon et de Valence et de la principauté de Catalogne. — L'opinion publique blâme l’arrestation de don Carlos. — Discours qui se tiennent dans les rangs du peuple. — Plaintes et murmures dans les sphères plus élevées de la société. — Terreurs du Philippe IL — A la cour, le silence se fait bientôt sur l'emprisonnement du prince. — Paroles froides et sévères du roi aux envoyés de Gênes et de Venise qui viennent lui en parler. —
Envoi à Madrid, par la reine Catherine et le roi don Sebastien de Portugal, d'un gentilhomme charge de s'enquérir des causes de la détention du prince et de le voir. — Ce gentilhomme retourne à Lisbonne, sans avoir pu remplir sa mission. — Arrivée à Paris des dépêches de Philippe 11 et de l'ambassadeur île France ; contenu de ces dernières. — L'ambassadeur de Philippe, don Francés d'Alava, diffère, pendant quelques jours, d'aller trouver la reine-mère et le roi; pourquoi. — Particularités de l'audience qui lui est donnée. — Mécontentement de Catherine de Médicis et de Charles IX. — Philippe n’approuve pus le délai apporté par Alava a la présentation de ses lettres.
— Propos de la reine-mère au sujet de don Carlos. — Remarque sur le peu de sympathie que la détention de ce prince excitait a la cour de France. — Catherine néanmoins exprime à Philippe le chagrin que lo roi et elle en éprouvent. — Ils font parade des mêmes sentiments dans leurs dépêches a leur ambassadeur.
— Paroles dites à la louange du roi d’Espagne dans un dîner chez le cardinal de Lorraine. — Préoccupations de Calherine de Médicis louchant l'affaire do don Carlos. — Curieuse conversation qu'elle a avec don Francés d'Alava. — Premiers avis qui parviennent à Rome de l'arrestation du prince d'Espagne, et auxquels don Juan de Zùfuga, ambassadeur de Philippo II, ne veut pas croire. — Répon-e qu’il fait <i un message du pape sur rct événement. — Après avoir reçu scs dépêches, il va trouver le saint-père, et l’en informe dans les termes prescrits par ses instructions. — Sentiments que témoigne Pie V. — Don Juan de Zùniga avertit aussi de ce qui s'est passé les membres du sacré collège. — Il est secondé elRcacement par le cardinal do Granvelle, dont la perspicacité est en défaut dans le jugement
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qu'il porte de la détermination du roi. — Réponse de Pic V à la Icllrc de Philippe : impression quelle fait sur le roi, lorsqu'elle lui esl présenlée par le nonce. — Soucis que cette affaire cause au pape. — Il désire être informé par le roi lui même des véritables causes de l'arrestation de son fils. — Lettre que Philippe lui écrit. — Recherches infructueuses faites pour la découverte de cette lettre aux archives de Simancas et du Vatican. — Comment elle est parvenue à la connaissance de Laderehi, qui l'a insérée dans ses Annales de lÉglise.
— Importance qu’on devait y attacher, d'après les termes dans lesquels Philippe en annonçait l'envoi à son ambassadeur. — Texte de la lettre. — Recommandation du roi à don Juan de Zùïïiga. — Comment celui-ci la remet au pape, traduite en italien par le cardinal de Granvelle. — Paroles de Pie V, après en avoir pris lecture. — Trait distinctif de ce pontife. — Excellence des rapports qui existaient entre les cours de Rome et de Madrid : chapeau de cardinal donné au président d'Espinosa ; pension assignée par le roi au cardinal Alessaudrino.
— Le duc d'Albe reçoit les dépêches du roi. — Il communique au conseil d'Etat la dépêche en français. — Il en envoie copie aux chevaliers de la Toison d’or, aux gouverneurs et aux conseils de justice des Pays-Bas. — Peu de créance que trouvent auprès du public belge les choses contenues dans ce' te dépêche ; avidité avec laquelle il accueille des bruits diflérculs venus d'Espagne par des lettres particulières. — Nouvelle dépêche du roi au duc, sur ce que celui-ci avait jugé nécessaires des communications plus explicites : le roi n'est pas de cet avis ; il veut seulement qu'on désabuse ceux qui croiraient que le prince a conspiré contre sa personne, ou commis quelque délit contre la i eligion . — Excuses du duc. — Effet produit à la courd'Auglelerre par l’arrestation de don Carlos : lettre de la reiue Elisabeth a son ambassadeur a Madrid. — Arrivée à Vienne des dépêches do Philippe II. — Chantonay et Vencgas se transportent au («liais, et présentent les lettres du roi à l'empereur et à l’impératrice. — Affliction qu’elles leur causent ; paroles de Marie d’Autriche. — Noces d’une des filles de l'impératrice ; l'empereur ne permet pas qu'à cette occasion il y ait des danses ni d'autres divertissements. — Commentaires auxquels donne lieu on Allemagne l'emprisonnement de don Carlos. — Réponses de Maximilien et de Marie aux lettres du roi. — Remarque sur la disposition , attribuée par l'impératrice à l'archiduchesse \nne, daller en Espagne, pour y entrer dans un couvent. —
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Philippe II comprend qu’il ne peut s’en tenir aux tenues vagues dans lesquels il a annoncé a son frère et à sa belle-sœur la réclusion du prince d'Espagne. — Il leur écrit de nouveau a tous deux, et leur découvre ses intentions à l'égard de sou Bis. — Il engage Maximilien à accorder la main de l'archiduchesse Anne au roi de France, et a conclure le mariage de l'archiduchesse Elisabeth avec le roi de Portugal. — Ces ouvertures satisfont médiocrement l'empereur, qui ne veut pas renoncer au mariage de sa Bile avec don Carlos. — Il se décide, malgré toutes les objections de Cbaulonay et de Venegas, à envoyer quelqu'un a Madrid, et c'est sur son propre frère l’archiduc Charles qu’il jette les veux. — Lettre qu’il écrit au roi Philippe, pour lui en donner avis. — Au moment où l’archiduc allait se mettre en toute, on reçoit à Vienne la nouvelle de ia mort de don Carlos.
— L’empereur persiste néanmoins à faire partir son frère pour
l’Espagne. — Affaires qu’il avait a traiter avec le roi : établissement de ses deux filles; pacification des Pays-Bas. — Départ do l’archiduc. — Pendant qu’il était en chemin, l’empereur apprend la mort d’Élisabeth de Valois. — Il charge son frère d’offrir au roi d’Espagne, pour lui-même, l’archiduchesse Anne. — Philippe acceple cette offre, et devient ainsi, pour la deuxième fois, le mari d'une femme qui avait été destinée à son fils
( iui'itrk XVI. — Don Carlos dans sa prison. — Surveillance et légime intérieur auxquels il est soumis. — Le roi le relègue au fond d'une tour. — Il donne les aubes pièces de sou appartement a Ituy Cornez, qu’il appelle à remplacer le duc de Fcria, et à sa femme — De nouveaux gentilshommes sont attachés au service du prisonnier. — Adieux touchants qu’il fait à don Bodrigo de Mendoza. — Le roi licencie sa maison et dispose deseschevaux. — Désespoir de don Carlos; il essaye de se faire mourir d'inanition, et reste cinquante heures sans prendre d'aliment.
— Les médecins le croient perdu. — Assertion de Cabrera, que Philippe II vite! conforta son fils, refutée par des témoignages irrécusables. — Igi nature est plus forte que don Carlos; il mange, et sa santé devient meilleure qu’auparavant. — Règles minutieuses prescrites par le roi pour mieux assurer la garde de son fils. — Don Carlos, de plus en plus préoccupé du dessein de se détruire, avale un diamant qu’il portail au doigt; mais il le rend. — A l'approche de Pâques, il désire se confesser et recevoir ia communion, que fray Diego de Cbaves lui donne, après y avoir été autorisé. — Amendement qu'on remarque
TAULK DES MATIERES.
dans ses sentiments et dans ses paroles. — Espoir, conçu par quelques personnes, d'uue réconciliation du fils avec le père, et qui ne se réalise pas. — Explication que Philippe II donne à l'impératrice, sa sœur, des devoirs religieux accomplis par le prince, et qu'il transmet également au pape. — Résignation apparente de don Carlos ; il lit et écrit beaucoup. — Il en revient à l’idée de se détruire. — Examen des causes attribuées, dans la relation rédigée par ordre du roi, à la maladie et à la mort de son fils. — Observation de M de Castro ; autorités citées par lui sur l'usage de la glace au xvi* siècle. — Témoignages authentiques de la grande consommation de neige que don Carlos faisait avant sa réclusion. — Paroles d'uue personne du palais ii l’ambassadeur de Venise. — Reproche qui peut être adressé à Philippe 11. — Comment il y répond d'avance dans les instructions transmises à ses ambassadeurs. — Maladie de don Carlos; ce qui la cause. — Il ne veut prendre aucun des remèdes qu'ordonnent les médecins. — État désespéré où il est léduit. — Il se confesse. — Il demande a voir son père, qui a la cruauté de lui répondre par un refus. — Prétenduo bénédiction que le roi aurait donnée a son fils. — Don Carlos dicte ses dernières volontés. — Il dispose de quelques joyaux et d'autres objets précieux qui lui appartiennent. — Sa dévotion à saint Jacques de Compostelle. — Circonstances de sa mort : il |>ardonne à ceux qui l’ont fait enfermer. — Le roi ordonne que le soir môme son corps soit déposé au monastère de Saint- Dominique. — Détails sur cette cérémonie funèbre : ouverture du cercueil, qui est renouvelée d=ux fois depuis. — Retraite de Philip|ie à l'Escurial. — Obsèques à Madrid et dans les États dépendants de la monarchie espagnole. — Funérailles à Rome et il Paris ; démonstrations de Pie V et de Catherine de Médiris ; embarras des ambassadeurs de Philippe dans ces deux cours.
— Douleur que la mort de don Carlos cause en Espagne. — Jugement de Cabrera sur ce prince. — Opinion de M. I.afuente.
— Paroles du fray Diego de Cbaves au baron de Dietrichsîein.
— Expressions de Brantôme. — Accusations contre Philippe II
auxquelles donno lieu la mort de don Carlos. — Peu du cas quelles méritent. — Philippe cependant ne saurait être tenu pour tout à fait innocent de la mort de son fils 570
TABI.E U K. S MATIÈRES. 733
APPENDICES
Appendice A . — Cui te et maladie de don Caiilos a Alcala.
I. Relacion dol snccesso du la enfermedad y cura del princi)>e nueslro sefior, hasla los xxvii du mayo 1 562. en Aïeul 027
II. Lettres écrites à Girolamo Priuli, doge de Venise, par l’aolo
Tiepolo, ambassadeur de la république à Madrid 634
Première lettre : 24 avril 4562 ib.
Deuxieme lettre : 46 mai 4562 C32
III. Mémoire et lettre de Sébastien de l'Aubespine, évêque de
Limoges, ambassadeur de Charles IX à Madrid : 40 et 1 1 mai I5G2 634