CHAPITRE XI
dans les actes si nombreux de la chancellerie de Philippe 11 que nous avons parcourus, ni dans les dépêches des ambassadeurs, ni dans les correspondances de Tisnacq. d’Hopperus, de Courtewille. ni enfin dans les lettres toutes confidentielles d’Alonso de Laloo au comte de Homes et dans les écrits du prince d’Orange, on ne trouve le. moindre indice de rapports intimes qui auraient existé entre les deux seigneurs belges et don Carlos (').
Philippe ne donna pas connaissance .d’abord à sa sœur du choix qu’il avait fait du duc d’Albe; il ne se dissimulait point que ce choix produirait une impression détestable aux Pays-Bas ( 2 ) : il lui manda seulement qu’il avait résolu de se rendre dans ces provinces « si bien accompagné que les mauvais ne pussent se « flatter de mesurer leurs forces avec les siennes ( 3 ). » C’était effectivement tout une armée qui allait être dirigée vers la Flandre. Philippe ordonna à don Garcia de Tolède, son capitaine général de la mer, de
(') Nous sommes obligé de relever ici une méprise échappée à un illustre historien. Pbescott {llistory ofthe reiyn of Philip lhe Second ) cile un passage de la lettre du docteur Hernan Suarez de Toledo que nous Taisons connaître dans le chapitre suivant , comme renfermant une allusion aux rapporlsde don Carlos avec Berghes et Monligny ; ce passage est le suivant : • Tambien ho llorado no haber parecido bien que V. A. « hablase dlot piocurtulores como dieen que lo hizo, etc. » Ainsi qu'on le verra, Hernan Suarez veut parler do la scène que don Carlos fit aux cortès de Castille. I.e terme de procuradores ne permettait point d’équivoque à cet égard.
(*) Ce fut seulement par une lettre du 30 décembre qu'il l'en informa. Voy. la Correspondance de Philippe II, etc., t I, p. cuti.
(“) Lettre française du 27 novembre, publiée dans la Correspondance de Marguerite d'Autriche, p. 203.