‹ Don Carlos et Philppe IIChapitre 3 sur 172 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

jours, le roi était revenu du château de Valsain (').

Philippe II n'ignorait point la part que le baron de. Montigny et le marquis de Berghcs avaient prise à tout ce qui était arrivé dans les Pays-Bas'depuis 1559; les lettres de la duchesse de Parme, de Granvelle, du secrétaire Armenleros. du contador Alonso delCanto, de fray Lorenzo de Villavicencio ( 2 ), l’en avaient trop bien instruit. La conduite du premier à Tournay et celle du second à Valenciennes, lors des troubles excités dans ces deux villes par les calvinistes, l’avaient beaucoup mécontenté. Tous deux étaient à ses yeux de fort mauvais catholiques : Montigny avait mangé publiquement de la viande à Tournay pendant le carême (*); lui et le marquis déclaraient à qui voulait l’entendre qu’il n’était pas bien de verser le sang pour les choses de la religion ( 4 ); Berghes avait osé demander au doyen de Sainte-Gudulc, à Bruxelles, en quel endroit de l’Ecriture il trouvait que les hérétiques dussent être brûlés, et répondre à une dame qui le consultait, aux eaux d’Aix-la-Chapelle, sur la conduite à tenir envers ceux qu’elle avait dans sa terre : « L’hérétique qui se convertit doit être exempt de « toute peine; l’obstiné, moi je ne le tuerais pas, « parce qu’il peut se convertir ( 5 ). » A la duchesse de

(’) Correspondance de Philippe II, elc., t. I, pp. 418, 426.

(*) Ibid., t. I et II, passim. ,

(*) Lettre de Granvelle au roi, du 9 mai 4563. ( Papiers d'ÈUU, etc., t. VII, p. 74.)

(*) Ibid.

(“J Mémoire de fray Lorenzo de Villavicencio, du 7 janvier 4566. [Correspondance de Philippe II, etc., t. Il, p. xxxvi.)

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Parme elle-même il avait dit tout récemment que quatre années ne se passeraient point sans que le roi. s’il tenait à conserver les Pays-Bas, fût forcé de se servir de ceux qui y avaient déserté la religion catholique, à moins qu'il ne fît descendre du ciel leurs pères et leurs aïeuls ('). Philippe avait, de plus, des raisons particulières d’en vouloir à ces deux seigneurs: le marquis de Bcrghes avait parlé de lui dans des termes outrageants, jusqu’à l’accuser de duplicité ( J ) : Montigny, à son retour d’Espagne, où il avait été député une première fois en 1562, n’avait pas craint de lui reprocher en plein conseil de nourrir des sentiments d’inimitié pour les Belges ( 3 ); il avait depuis fait mille plaintes contre lui (*).

Si donc il n’avait pas été possible à la gouvernante de lui envoyer d’autres ambassadeurs, il eût été diflicile qu’elle en choisît qui lui fussent personnellement

(') • .... Il marques de Bergas.... ngiunse che non passariano quatre annicbeV. M-, sevoleva mantenere quesli Stati, saria forzato di servirsi di quelli che sono desviati di noslra sauta fede, se non faceva discendere del cieloafi padri et avi di quelli che vivono al présente ... » (Lettre de la duchesse de Parme au roi, du 11 juin 1SC6: Arch.de Simuncas, Estndo, leg. 530.)

(*) Lettre de fray Lorenzo au secrétaire Erasso, du 37 décembre 1565. [Correspondance de Philippe II, etc., t. Il, p. atxvu.)

Ces propos du marquis de lierghes furent confirmés au roi par Granvelle, dans une lettre écrite de Rome, le H octobre 1566. Il s’exprimait ainsi : ■ Escribiéronmc, al noviembre pasado, de Flandes unos « que el marqués decia que V. M. le ténia por doble, mas quo jamàs .. plalito persona mas doblada que V. M., y otras cosas de este lono.... • (Arch.de Simancas, Eslado, leg. 903.)

(*) Lettre de la duchesse do Parme au roi, du 13 janvier 1563. [Correspondait ce de Phih)ipe II, etc., t. I, p. 235.)

(*) Lettre d'Alonso del Canlo au roi, du 22 avril 1 566. [Ibid., p. 4*1 1 .)

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