‹ Don Carlos et Philppe IIChapitre 39 sur 172 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

ccs bonnes dispositions furent de courte durée : bientôt on reconnut que don Carlos apportait la confusion dans les séances du conseil ; qu’il faisait un déplorable usage de l’autorité qui lui avait été coufiée; qu’il s’épuisait en folles dépenses. Le roi alors revint sur plusieurs des choses auxquelles il s’était prélé en sa faveur. L’antipathie qu’il y avait entre le fds et le père s’en augmenta (').

L’empereur Maximilien II n’était point ignorant des actions publiques et privées de don Carlos ; les dépêches de son ambassadeur, le baron de Dietrichstein, l’en instruisaient régulièrement Q, et il en était informé aussi par d’autres voies ('). Il n’en persistait pas moins, ainsi que l’impératriçe, à vouloir donner' au prince d’Espagne la main de l’archiduchesse Anne : l’un et l’autre ils se flattaient que le mariage calmerait la fougue de son caractère ; que la douce influence d’une compagne aimable et jolie adoucirait l’àprelé

0 C'est encore le confesseur du roi qui, au mois de février 1508, disait cela à l'amhassadeur de Venise : • Ma si conobbe et si provô che « quando lui entrava in consilio, poneva confusione in tutio et impe- « dimento in ogni deliberatione; la autorité havula dal re usa va, per il

• contrario, ne a suo maieQcio; li dauari li gettava fuori di pruposilo « et senza giudicio : perô parve a S. Al. di toruar a rivolger la man in « tutte queste cose. Ua qui si augmentorno le discontentezze.... » (Lettre de Sigismondo Cavalli, ci-dessus citée.)

(*) Voir la publication de M. Koch, Quellen, etc.

{*) Fourquevaulx écrivait, le H février 1566, a Catherine de Médicis :

• Le courrier de l'empereur s'ep retourne. Il s'en va mal édifié des con- « teuances qu’il a veu tenir au prince d’Espaigue en table et hors icelle, » et m'a dit qu'il ne les cèlera point à son maître, estant bien marri

• qu'il faille que madame la princesse Anne de Bohême espouse un « prince si mal composé de |icrsonne cl de mœurs comme il est. «

de son humeur. Déjà, à la fin de 1565, l’empereur avait témoigné à Chantonay son étonnement du retard que le roi catholique mettait à se résoudre sur l’union projetée ('). Mais Philippe II hésitait de plus en plus à prendre une telle résolution. Craignait-il, comme il le donna à entendre après l’arrestation de son fils, de faire le malheur de l’archiduchesse? Étaitil persuadé que le prince était incapable de continuer sa dynastie? N’appréhendai l-il pas plutôt que don Carlos, marié avec la fille de l’empereur, ne devint encore plus difficile à maintenir dans les bornes de la soumission et du respect envers lui ; que son • orgueil et ses prétentions ne s’en accrussent ; qu’il ne

fallût lui assigner un revenu beaucoup plus considérable que celui dont il jouissait, et l’investir, du gouvernement , peut-être même de la souveraineté de quelqu’un des États de la monarchie? L’histoire, en l’absence de données certaines, ne saurait former Jà-dessus que des conjectures.

Il y avait un autre mariage dont le roi catholique poursuivait avec chaleur la conclusion auprès de Maximilien : c’était celui de l'archiduchesse Elisabeth , deuxième fille de l’empereur, avec le roi don Sébastien de Portugal. Philippe n’y avait pas songé d’abord; il ne s’en était avisé que lorsqu'il avait appris que la cour de France demandait la main de l’archiduchesse pour Charles IX, et proposait, à Lisbonne, pour le

(’) « El emperador se raaravilla muebo de lo que se tarda a responder sobre lo del casamiento. » {Lettre de l'.banlonay au roi, du 13 octobre 1 565, dans les Papiers il' État du cardinal de Oranvcllc, t. IX, |>. 568.)

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