CHAPITRE XII
roi don Sébastien, la princesse Marguerite de Valois. 11 avait ainsi un double intérêt à persuader l’empereur d’acquiescer à ses vues : car, s’il y réussissait, il empêchait, du même coup, que la politique française n’aequit de l’influence dans la Péninsule et en Allemagne ( ).
Maximilien eût infiniment préféré une alliance avec la France, de laquelle il était fondé à se promettre quelques avantages, au mariage de Portugal, qui ne pouvait lui être d’aucune utilité. Une autre considération le préoccupait encore : il craignait, s’il rejetait les ouvertures de la cour de Fontainebleau, que la maison de Valois ne s’unît à la maison de Saxe, et que, profitant de l’appui qu’elle trouverait par-là dans l’Empire, elle ne cherchât à y supplanter la dynastie des Habsbourg ( 2 ). Mais il désirait beaucoup aussi çonserver les étroites Délations existantes, depuis quelques années, entre lui et le roi d’Espagne. Dans l’embarras’ où il était, il s’attacha d'abord à gagner du temps. Il répondit à l’ambassadeur de France, l’évê- •que de Rennes, qu’avant de donner suite aux propolions de sa cour, il avait besoin de savoir si elle était disposée à restituer à l’Empire les villes de Metz, Toul et Verdun, à renoncer à son alliance avec le Turc, et à trouver bon que les liens qui l’unissaient au
(') Voy., dans la Coleccion rte documentas inirtitos, etc., t. XXVIII, pp. 427 et suiv., la pièce intitulée Relacion sumaria rie lo que se ha tratario con et emperador y con et rey rie Portugal sobre su casamiento con la infante Isabel.
(*) Relacion sumaria, etc.
444 nON CARLOS ET PHILIPPE II.
roi catholique subsistassent sans altération, même qu’il pût secourir son beau-frère, en cas de guerre entre l’Espagne et la France ('). Au seigneur deChantonay, ambassadeur du roi catholique, il allégua que l’archiduchesse et le roi de Portugal n 'étaient pas si Agés qu'il fallût tant se presser de prendre un parti ( 2 ); il lui fit observer, de plus, qu’il serait peu convenable de conclure le mariage de sa deuxième fille avant que celui de la première fût assuré ( 3 ). Philippe crut le déterminer, en lui offrant de régler les conditions du mariage de l’archiduchesse Anne avec don Carlos, dans une entrevue qu’ils auraient aux Pays-Bas, où il allait sc rendre ( 4 ). Chantonay s’efforça de le convaincre qu’il n’avait rien à redouter de la France ni de la Saxe;- il lui mit adroitement devant les yeux l’affection que le roi catholique portait au prince Rodolphe, et les vues qu'il avait sur lui( J ). Maximilien ne se laissa point ébranler : il déclara à Chantonay que, lors de son entrevue avec le roi, ils arrêteraient ce qui concernait l’un et l’autre mariage ( B ). 11 ajouta que la mort seule pourrait l’empécher d’aller aux.
(’) Relacion sumaria, etc
(*> Ils n'étaient l'un et l'autre âgés que de douzo ans, étant nés en 4554.
(”) Lettre de Chantonay à Philippe II, du ïî septembre 4566. (Arch. de Simancas, Eslado, leg. 655.)
(•) Ibid.
( £ ) • .... Usé de toda la persuasion possible para que S. 41 estubiesse en este negocio como convenia, poniéndole delante el parlicular del principe Rodolfo, y lo que V. M. le queria, y el fundamentoque hace va en él.... • ( Ibid )
(•) Ibid.