‹ Don Carlos et Philppe IIChapitre 49 sur 172 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

dail sa présence dans ces provinces comme indispensable ('). Le prince d’Eboli, qui avait poussé de tout son pouvoir à ce voyage, car, à ses yeux, les intérêts et la réputation de son maître l’exigeaient impérieusement f), déclarait à Fourqucvaulx que « s’embar- « quer en septembre serait naviguer en homme qui se « veut perdre et faire perdre les siens ( 3 ). Dans la nuit du 21 au 22 août, arriva un courrier du duc d’Albe, expédié de Luxembourg, et annonçant que le duc était entré sans obstacle dans les Pays-Bas ( 4 ). Un second courrier suivit de près 1c premier. Personne ne supposait déjà plus que le roi dut se mettre en route ; la saison était décidément trop avancée Q. Le nonce, ayant demandé audience, dit à Philippe II, « avec « toute la révérence convenable, » qu’il regretterait de n'étre pas allé en Flandre; il l’assura que le saintpère en éprouverait une grande douleur ( 8 ), et il ne craignit pas d’ajouter que le monde en porterait un jugement qui lui serait peu favorable Q. Philippe

(’) Lettres de l'archevêque de Fossano, du 11 et du 2t août 1567.

(’) Lettre de l'archevêque de Fossano, du 2t août.

(’) Lettre de Fourquevaulx à Catherine de Médicis, du 21 août.

(*) Lettre de l'archevêque de Fossano au cardinal Alessandrino, du 22 août.

(*) Lettre de l’archevêque de Rossano au cardinal Alessandrino, du 1" septembre.

( a j • .... Et quanto dolore ne haveria sentilo noslro signore, etquanto male sonaria al mondo.... »

Pie V en fut, en effet, très-affecté d'abord. Yoy. la lettre du cardinal deGranvelle au roi, du 16 septembre 4567, dans la Correspondance de Philippe n , etc., t. I, p. 476.

(’) Lettre de l'archevêque de Fossano au cardinal Alessandrino, du 8 septembre. *

répondit à l'archevêque de Rossano qu’il informerait bientôt Sa Sainteté des causes qui l’avaient retenu à Madrid, ainsi que de ses intentions ultérieures, et qu’il lui en ferait donner avis à lui-même, mais seulement lorsqu’il serait instruit d'une chose qu’il devait apprendre dans quelques jours ('). Cette chose, le roi l’apprit par des dépêches du duc d’Albe qui parvinrent à Madrid le 19 septembre au malin, et qu’on lui envoya immédiatement «à l’Escurial, où il se trouvait (’) : ce n’était rien moins que l'arrestation des comtes d’Egmont et de Homes, nouvelle qui le remplit de joie, quoique le coup concerté entre lui et son lieutenant eût manqué eu partie, le prince d’Orange ne s’étant pas laissé prendre au piège dans lequel étaient tombés les deux malheureux comtes (*).

Le 20 septembre, le président d’Espinosa annonça officiellement au nonce qu’un courrier allait être expédié au souverain pontife, et que le roi ouvrirait son cœur à Sa Sainteté avec le même respect, la même affection qu’il le ferait à l’empereur son père, s’il était encore vivant ( 4 ). Espinosa fit connaître, en

(’) « Gia scrissi ebe Sua Maestà mi haveva detlo di voler dar couto a Sua Sanlità délia causa per la quale non era andata io Fiandra, et mi soggiunse che a me faria similmente dirlo, ma non voleva prima che non havesse inteso una cosa che fra pochi giorni iutenderebbe. * (Lettre de l'archevêque de Rossano, du 20 septembre 1SC7.)

(*) « .... Etfu mandatoal re lo spaccio in posta.... • (Ibid.)

(*) L'archevêque de Rossano, en annonçant, le 26 septembre, au cardinal Alessandrino, le retour du roi à Madrid, lui disait: « Etsta ■ molto allegro, per la catlura di quei di Fiandra ; et se poleva bavere • il principe d'Oranges, era il disegno riuscito aff-ito. «

(*) « .... El con tanta riverenza et amorevolezza le significa il suo

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