‹ Don Carlos et Philppe IIChapitre 56 sur 172 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

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Savoie, le comté de Bourgogne, la Suisse et la Lorraine, enfin de tenir la duchesse de Parme en l’espérance de le voir, de sorte qu’elle ne s’offensât point de l’autorité presque illimitée dont le duc était investi ('). Les autres, s’inspirant des propos dont la cour était l’écho, expliquaient le changement qui avait causé tant de surprise, dans le sens des communications faites au pape et aux souverains étrangers (-).

On se demande encore aujourd’hui si Philippe II eut réellement la volonté de partir pour les Pays-Bas.

L’ambassadeur de France, Fourqucvaulx, dans une dépêche adressée, au mois de mai 1568, à Catherine de Médicis; rapporte que Philippe, causant avec la reine Elisabeth, lui avait dit « qu’on pouvoit assez « deviner qu’il n'iroit pas en Flandres ces deux années « passées, puisqu’il en faisoit si ostentations et sem- « blants ( 3 ). » Mais peut -on ajouter une foi explicite à ces paroles d’un prince, « père de la dissimulation, » selon l’expression du vénitien Vendramino?

D'un autre côté, dans l’hypothèse que Philippe ait été d’abord décidé à faire le voyage, admettra-t-on pour vrais les motifs qu’il allégua afin d’en justifier la remise à un autre temps, alors qyc, les mêmes

(’) Lettres de Fourqtievaulx à Charles IX, des 21 août et 23 septembre 1567. — Lettre de l'archevêque de Rossano au cardiua! Alcssandrino, du 1« septembre, dans le MS. X 172 de la Bibliothèque de Madrid, p. 391. — Lettre de Dietrichstein à Maximilien, du 16 novembre, dans Quellen, etc., p. 1<f7.

(’) Lettre de l'archevêque de Rossano, du 1" septembre.

(*) Relations des ambassadeurs vénitiens sur Charles-Quint et Philippe II, p. 247.

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motifs n’existant plus l’année suivante, il démentit encore une fois son langage par sa conduite?

Celle hypothèse acceptée, nous croirions plutôt qu’il aurait changé de dessein à cause de l’embarras que lui causait son fils : appréhendant , à un égal degré, de le laisser en Espagne comme gouverneur de scs royaumes, ou de l’emmener aux Pays-Bas, dont il serait forcé de lui confier aussi le gouvernement ('}. On pourrait même aller plus loin, en supposant avec Fourquevaulx que, las des déportements et de. la désobéissance de don Carlos, il aurait voulu attendre, pour prendre un parti, les couches prochaines de la reine ( s ).

En dernière analyse , nous inclinerions assez à trouver la véritable explication de la conduite de Philippe II danscequeChantonay écrivait, quelque temps auparavant, à son frère le cardinal de Granvclle : « Il « ne fault doubler — ainsi s’exprimait-il — qn’on ne « donne plustost les millions que de passer en Flan—

(') L'archevêque de Rossano écrivait, le 7 janvier 1567, au cardinal Alessandrino : • Ha ancora fl re qualche difllrollà nella persona del . principe : lassarlo al governo non II pare bene, condurlo non li paie » conveniente. » (MS. X 173 de la Bibliothèque de Madrid, p. 245.)

(*) » Le prince d'Eboli m'a dit.... que je laissasse venir les couches et délivrance de la royne catholicque : car, selon le fruicl que Dieu luy donnera, on prendra résolution et parti.. . Ce propos me faict songer s’il vouldroit point entendre que, si la royne voslre fille faira un fils, ils ayent icy pen-é de donner au roy la fille aisnée de l’empereur, laissant le prince d’Espagne en blanc.... » (Lettre de Fourquevaulx à Catherine de Médicis, du 23 septembre t5G7.)

Elisabeth accoucha, le 40 octobre, d'une fille, que l'archiduc Rodolphe tint sur les fonts avec la princesse doua Juana, et qui fut nommée Catalina, en I honneur de Catherine de Médicis, son aïeule.

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