‹ Don Carlos et Philppe IIChapitre 55 sur 172 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

« Anne, une affection qui l’emporte sur celle que « m’inspirent tous mes autres enfants ensemble : mais « puisque Votre Altesse juge convenable qu’on diffère « jusqu’au printemps, je suis content d’attendre : je le « serai surtout de voir et de connaître le prince, si « Dieu nous fait la grâce d’amener Votre Altesse par « ici. Au cas que cela ne soit point, car les Turcs « y pourraient mettre obstacle, je supplie Votre « Altesse de penser dès à présent à ce que nous « ferons pour arranger cette affaire à part et de la « façon qui soit le plus à l’avantage de ma fille, afin « qu’elle ne se voie pas. comme on a coutume de dire, « assise entre deux bancs (*). » 11 annonçait à son beau-frère que le baron de Dietrichstein avait ordre de solliciter de lui le retour des archiducs Rodolphe et Ernest, dont la présence était nécessaire'en Autriche, et le priait de ne pas s’y opposer. 11 terminait par ces paroles, qu’on trouvera bien humbles, sortant de la plume d’un empereur, et bien affectueuses de la part d’un prince à qui Philippe 11 avait cherché à enlever

(') En el negocio de Anna beso las maoos a Vuestra Alteza por

Ja llaneza que trata conmigo, que es la que meresce la affection que tengo à su servieio Yo vf la caria de l.uis Venegas, y cierlo sienlo el desgusto de Vueslra Alleza, no sé si mas que el que puede tener mi hija, aunque confieso que la quiero mas que à todos los olros junlos. Y pues V. A. tiene por bien que se espere hasta la primavera, bolgaro d'ello, y mucho mas de ver y Irutar cl principe, si Dios nos haze merced de Iraerà V. A. por uni : mas no siendo esto, porque no sé si los Turcos daràn lugar à ello, suplicoà V. A. que drnde agora comienze pensar lo que hemos de hazer para poner esto aparle, y de la inanora que mejor loslé à mi bija, y que no se sienle entre dos bancos, como se suele decir ... » (l.etlre du <0 novembre (567, écrite de Vienne : Arcli. do Simancas, Eslado, leg. 606.)

la couronne impériale : « Ma goutte me travaille tou- « jours, quoiqu’elle me fasse un peu moins souffrir, « après m’avoir persécuté pendant huit semaines : « mais ni goutte ni quoi que ce soit ne m’empêcheront « de servir Votre Altesse tant que je vivrai, comme « mes fils le feront après moi. s’ils veulent être tenus « pour tels ('). »

Il n’est pas hors de propos de remarquer ici que, le 47 décembre (à cette date, la lettre de Maximilien que nous venons de faire connaître n’était pas encore parvenue à Madrid). Philippe répondait en ces termes à celle de Venegas du 30 septembre ( 2 ) : « Quant aux « discours que l’empereur vous a tenus au sujet du « prince mon fils, puisque je dois si tèt aller aux « Pays-Bas, je n’ai rien à vous dire, sinon que je « me référé à ce que, à votre départ, je vous ai « notifié là-dessus ( 3 ). »

Les commentaires ne firent pas défaut à Madrid sur le changement qui s’était opéré dans les dispositions du roi. Les uns disaient que jamais l’intention du monarque n'avait été d’aller aux Pays-Bas; qu’il avait fait courir le bruit de son prochain départ, afin d’imposer aux rebelles de ces provinces, d’empècher qu’ils ne reçussent du secours des Etats voisins, d’assurer le passage du duc d’Albe avec scs Espagnols par la

^') • .... Mi pola todavfa me va travajando, aunqne afloja algo, que son ocho semanas que me persipue; pero para servir à V'. M. ni pola ni quanto ay m'estorbarù de servillc mientras viva, y dospués lo ban de hazer mis hijos, si por mios quieren ser leuidos. »

'») Voy. p. 4?5.

(‘j Colecciuii 'le 'locumenlos inéililot, elc., t. XXVIII, p. 475.

Page 1