‹ Don Carlos et Philppe IIChapitre 6 sur 172 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

i'i formuler des propositions dont le, sort des Pays-Bas allait dépendre.

Montigny, qui s’était rendu au château de Valsain sur l'invitation du roi, fut mortifié de n’avoir pas été admis à ce conseil ; le caractère dont il était revêtu, sa qualité de chevalier de la Toison d’or, lui paraissaient mériter qu’on lui fit cet honneur ('). Tisnacq et llopperus en jugeaient de même; il n’avait pas tenu à eux que l’envoyé du gouvernement des Pays-Bas ne fût entendu dans des discussions auxquelles il avait un si grand intérêt : mais le roi avait résisté à leurs instances Ç-). Montigny venait de lui présenter un mémoire où il insistait sur l’abolition de l’inquisition, la modération des placards et le pardon général, on demandant, de plus, que la gouvernante fût autorisée à faire aux placards, de l’avis des conseils d'Etat et privé, les changements ultérieurs dont la nécessité serait reconnue; qu’il lui fût envoyé « quel- « que bonne et grande provision d’argent ; » que le roi écrivit une « bonne lettre » au prince d’Orange, car. disait-il, ce seigneur « est personnage de grand « service et qui a grand crédit au pays et hors du « pays, etc. ( 3 ). »

Le 20 juillet, Philippe II réunit en sa présence ses

{') Lettre d’Alonio de Laloo au corate de Ilorues, écrite de Ségovic, le 3 août 4566, dans Montigny' s levai en dood, Bylage, p. 42.

(*) * ••• Egimus sedulo apud regem ut Monteniacus particeps esse posset concilii ; verùm-id nunquam quivimus irapetrare.... » \[Joach . Hopperi e/iietolae ad Viylium, p. 91.)

(*) Ce mémoire, eu date du 20 juillet, est aux Archives de Simancas, Eslado, leg 533.

ministres espagnols et belges, pour qu’ils lui fissent rapport de. ce qu’ils avaient conclu ('). Après qu’il lui en eut été donné connaissance, il se prononça sur les trois points sollicités par le gouvernement des Pays-Bas, en ces termes : que, l’exercice de la juridiction épiscopale étant établi comme de droit appartenait, il était content que l’inquisition apostolique cessât; qu’il n’était point opposé à la modération des placards, mais que le projet qu’on lui avait soumis lui paraissait exiger des changements et qu’il en réclamait un autre; qu’il autorisait la duchesse de Parme à accorder grâce et pardon, non-seulement aux confédérés , mais encore â tous ceux qui avaient contrevenu aux édits sur la religion. Au surplus, il persistait dans l'intention, qu’il avait annoncée déjà à la gouvernante ( : ), de se rendre aux Pays-Bas, et assurait qu’il y serait au printemps de 15G7, au plus tard ( s ).

A l’issue du conseil, llopperus et Tisnacq, par ordre du roi, communiquèrent à Monlignv ce qui y avait été résolu. Monligny leur dit que cette résolution n’était pas « acertée » ( 4 ), car le point essentiel pour

(') Lettre de Monligny à la duchesse do l’arme, du 2 août, déjà citée. — Hoppercs, Mémorial, part. III, chap. V.

(*) Dans une lettre du 6 mai.

( s ) Il notifia ces déterminations à la duchesse de Parme par une lettre française, du 31 juillet, qui a été publiée, dans la Correspondance tle Marguerite d'Autriche, par le baron ns Heiffenbeim;, p. *3.

(‘) Cette expression, empruntée à l’espagnol acerlado, n'a pas son équivalent littéral en, français Le dictionnaire de l’Académie donne à acertado la signification de prudeut.

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