‹ Don Carlos et Philppe IIChapitre 66 sur 172 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

Carlos à don Juan, et surlout des gageures qu’il lui a payées ('). Lorsque, quelque temps auparavant, au mois d’octobre ( 2 ), le roi avait conféré à don Juan le généralat de l’armée navale, don Carlos, surmontant son antipathie pour son père, avait couru à l’Escurial afin de l’en remercier ( 3 )l

La veille ou l’avant-veille de Noël ( 4 ), il appela don Juan dans sa chambre, où il s’enferma avec lui ; il découvrit à son oncle tout son dessein, et le sollicita

(') Voici Jeux extraiis de ces comptes, relatifs à une bague d’un grand prix et à une épée données par don Carlos à don Juan :

« A Jacome do Trezo, 800 ducados, que valen 299,200 maravedis, que n S. A. le mando dar, por una sortija do un diamante tabla que iecom- « pro. el cual S A. diô al senordon Juan de Austria.... » ( Conladurias generales, 1° época, leg. MtO.)

« En el 16 de agoslu4562. en Madrid, diô S. A. al senordon Juan de * ■ Austria una espada con sus talabartes guarnecidos con trencilla ; era « la guarnirion negra y dorada à manera de unas roquecillas.... . {Ibid., leg. 1053 2».)

Les gageures perdues par don Carlos contre don Juan forment un nombre d'articles considérable.

(*) • Hic nihil est aliud quam quod dominus Joannes ab Austria his diebus praefectus universi maris creatus est.... • (Lettre d’nopperus à Viglius, du 29 octobre 1K67, dans Joacli. Ilopperi Epislolae, p 143.)

(*/ Dans un compte de dépenses payées par Juan Martinez de la Cuadra, se trouve l'article suivant : « A Garci Alvarez Osorio, ayuda de . càmara de S. A., 140 ducados que S. A. le mandé dar, por tantos « quél habia buscado prestados, para pagar las postas, quando S. A. fué « al Escorial à besar las manos à S. M. por la merced que habia hecho « al seiior don Juan de Austria del cargo de general do la mar. » (Arch. de Simancas, Contarlurias generales, 1° época, leg. 4110.)

(‘) Je ne puis pas préciser autrement cette date ; Fourquevaulx écrit a Charles IX, le 26 décembre, que le roi, qui est à l’Escurial, a mandé don Juan d’Autriche, lequel est parti par ia poste la teille de Noël, afin, comme l'on pense, « «le résouldre avec luy certaines affaires de son « armée de mer. » — (Voy. aussi, dans l'Appendice B, la lettre tirée d’un manuscrit de la Bibliothèque nationale do Lisbonne.) •

de l’accompagner "en Italie : « Que pouvez-vous « attendre du roi? lui dit-il. Voyez comme il traite « son propre fils ! Il vous laissera toujours pauvre. « Moi, si vous voulez seconder mes vues, je vous « donnerai le royaume de Naples ou l’État de « Milan (').

Don Juan n’était pas moins ambitieux que don Carlos; mais l’ambition chez lui était réglée par la prudence et le jugement. 11 vit tout d’abord combien était extravagante et périlleuse l’entreprise dans laquelle son neveu voulait l’embarquer ; il comprit qu’en s’associant à la cause de don Carlos, il encourrait à jamais l’indignation et lé courroux du roi : or, c’était du roi que dépendait son avenir. Pouvait-il ajouter quelque valeur aux offres de don Carlos? comment ce prince les eût- il réalisées? Quels moyens avait-il d’entrer en lutte contre son père? Où étaient ses trésors, scs armées, ses ministres, scs partisans? Et puis quelle confiance aurait-il inspirée à ceux qui le connaissaient ?

A part ces raisons, bien faites pour saisir l’esprit de don Juan, il y en avait d'autres qui devaient parler à son cœur. Le roi n’avait eu jusque-là que des

(') • .... Lo pregô ad essor partecipo con lui in questo falto, cercando con tal mezzo a persuaderlo cbe lui non baveva mai da sperar cosa alcuna dal re, che cerlo lo Caria viver sempre povero, vedendo corne trattava lui, cheera fiolo; ebo quando volesse aiutarlo iu cio, li daria poi il regno di Nopoli, overo il Siado di Milano.... • (Lettre de Sigismondo Cavalli, du 22 janvier, déjà citée.) — La lettre de Nobili, du 25 janvier, confirme rcntrclieD de don Carlos avec don Juan, quoiqu'avec des circonstances inexactes. *

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