‹ Don Carlos et Philppe IIChapitre 67 sur 172 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

bontés pour lui. Il l'avait reconnu publiquement pour son frère, cl lui avait donne un état digne de ce rang, tandis que le vœu de l’empereur Charles-Quinl avait été que sa naissance demeurât secrète, et que sa vie s’écoulât dans l’obscurité d’un cloître. L’année précédente, il l’avait décoré de l’ordre illustre de la Toison d’or('). 11 venait tout récemment, malgré sa jeunesse, de l’élever à Tune des charges les plus éminentes de la monarchie ( 2 ). Trahir le roi après tant de bienfaits, n’eùt-ce pas été se rendre coupable d’une noire ingratitude?

Don Juan savait trop quelle était la véhémence de don Carlos, pour le contredire ouvertement, et surtout pour lui répondre par un refus positif; mais il essaya de le faire renoncer à son projet, en lui exposant ■ les difficultés qu’en éprouverait l’exécution, les périls même qui devaient en résulter pour lui. Don Carlos ne voulut rien entendre. Don Juan alors l’engagea à réfléchir encore sur les conséquences de sa détermination, et il le quitta, en demandant vingt-quatre heures pour y réfléchir lui-même (*).

(>) Dans une lettre du 1« r août 1566, Tisnacq mande au président Viglius que, le 24 juillet, le roi a donné la Toison d’or à don Juan d’Autriche.

(*) Sa nomination de général de la mer avait rempli de joie don Juan.

Le nonce écrivait, le 29 octobre <567, au cardinal Alessandrino :

• .... Il qualu (don Juan) è lanto allegro di queslo carico che non si

• potria dir più, et mi ha detto che In sua prima uscita vuolc che sia

• baciare il piede a Sua Santila, il che facendo li parera che ogui cosa

■ sia per succederli bene.... »

( 3 ) « Quando Sua Altezza comunico tulto cio cou don Giovanni, lui

■ prose tempo vinliqunltro bore a risolversi. • (Lettre de Cavulli, du 22 janvier 1308.)

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