‹ Don Carlos et Philppe IIChapitre 71 sur 172 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

qu’il quitta l’Escurial le 15 janvier, alla coucher au Pardo, où il passa la journée du lendemain, et que, le 17, il rentra dans sa capitale.

Cabrera rapporte que le roi consulta de très-graves docteurs (') sur la conduite qu’il tiendrait à l’égard de son fils : il cite le maître Gallo, évêque d’ürigiiela , fray Melchor Cano , évêque des Canaries , cl le fameux jurisconsulte Martin Navarro d’Azpilcüela; il donne même un extrait de la réponse de Navarro (-). Nous n’ajoutons pas foi à ce dire de Cabrera : nous croyons que le fragment sans date publié par lui, si tant est qu’il soit authentique, ne fut pas écrit au mois de janvier 1568. Une réflexion bien simple servira d’appui à notre opinion : c’est que le cas de don Carlos n’était point une matière de droit ni de théologie, mais une matière d’Etat.

Philippe avait un conseil intime ( 3 ); il était composé de Diego d’Espinosa, du prince d’Eboli, du duc de Feria (*), du prieur don Antonio de Tolède et

l'archevêque, le roi, en ordonnant que cos prières lussent dites, recommanda le secret : • comandô secretamenle. •* D'après Fourqucva'ulx, le secret n’avait pas été strictement gardé, puisque la chose avait donné • assez à discourir aux espéculalifs de cesle court. » — Ce fut le 43 janvier, suivant le témoignage de Fourquevuulx, que ces prières se dirent.

(') a Gruvisimos doclores. »

(*) Liv. VH, chitp. XXII. p. 474.

{*) C'est le secrétaire d’Élat Zayas qui nous l'apprend, et qui nous fait connaître en môme temps la composition do ce conseil, dans une lettre du K juillet 4574 au duc d'Albo. ( Correspondance de l'hilipiic II sur les affaires des Paijs-llas, t. Il, p. 479.)

(•) Feria avait été créé duc nu mois d'octobre précédent. Voy. Joach. Happeri Ppisloiac ad Viglium, p, 143.

du docteur Martin de Veiasco ('). Ces ministres furent très-vraisemblablement ceux qu’il appela à délibérer avec lui sur l’affaire de son fils (*) : il voulu», selon le témoignage d’Anlonio Pcrcz, être présent à leur délibération, afin de les faire mieux entrer dans ses vues ( 3 ).

Plus d’une fois déjà, depuis que le roi vivait en dissension avec son fils, il avait 'été question d’enfer-

{*) Voy., p. Î5I, ce que nous avons dit de ce personnage. Siciexz», üisloria de la orden de San Geronimo, part. III, liv. III, p. 554, parle de la grande faveur dont Veiasco, pour son talent, sa science et son expérience, jouissait en ce tempe auprès du roi : • El dotor Veiasco,

• que entônees, por ser hombre de gran lulento, docto y experimen- « tado, valia mucho con el rey.... • — Nous avons une preuve do celle faveur dans une lettre que Jean de Noircarmes, seigneur de Selles, lieutenant de la garde royale dos archers, écrivait de Madrid, le 23 février 1507, au comte de llornes; on y lit que le roi venait de gratifier le docteur Veiasco de 10,000 écus pour une fois, de 800 écus de rento à deux vies, el de deux asientos de la maison royale pour deux de scs cnTanls. (Arch. du royaume, reg. Lettres écrites au comte (le Homes, fol . 05.)

(*) Buy Gomcz, dans la communication qu’il fit, par ordre du roi, le 27 janvier, a l’ambassadeur de France, lui déclara que le roi avait agi

• par longue et bien considérée délibération. • (Lettre de Fourquevaulx au roi. du 5 février 1508.) — Vaijuda (le cdmara, après avoir dit que don Juan alla tout découvrir au roi. ajoute : • Y luego embié el

• rey por la posta à Uamaraldoctor Veiasco, y consulté cou él el negocio.» — Adïiani, Istoria de' suoi tempi, t. V, p 135, s'exprime ainsi :• Avendo,

• corne si dee credere, confcrito il lutto co’ più savi del suo consiglio, i « quali non erano punlo amali da quel principe, etc. »

(’) • Digoque en aquella parle del no hallarse los reyes en los consejos de Estado, podria yo sacar una exception do la experiencia que en algun gran negocio, en algun gran aprielo en que cl principe se vee y quiere consejo mas para approbacion'quc para rcsolucion, nlli se ba de ballar présente, para que el respeclo le ayude en su iutenlo. Assi lo hizo el rey que digo, cuando resolvio la prision del principe don Carlos. * [fartas, p. 7.)

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