‹ Don Carlos et Philppe IIChapitre 83 sur 172 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

reste ici qu’à supplier Votre Altesse, comme mère et dame de tous, et comme celle que tout cela intéresse

tant, de nous recommander à Dieu De Madrid.

le 20 janvier 1308.

« Votre fils,

« Moi le Hoi ('). »

Cette lettre était tout entière de la main de Philippe. Ce fut également de sa main qu’il écrivit à l'empereur et à l’impératrice. 11 disait à Maximilien :

« Sire, parce que j’ai mandé précédemment à Votre Altesse et à ma sœur, cl par les informations plus particulières que Luis Venegas vous aura données, Votre Altesse a déjà été instruite du peu de satisfaction que j’avais de la vie et de la conduite du prince mon fils, ainsi que de ce que j’apprenais de son caractère et de son naturel. On n’a cependant pas dit là-dessus à Votre Altesse tout ce qu’on aurait pu lui dire , mais on s’est borné à des communications sommaires, pour la décence de la chose et afin de ménager l’honneur et la considération du prince : j’espérais, d’ailleurs, devant me rendre en Flandre dans un si court délai, et me proposant de l’y emmener, que Votre Altesse en apprendrait, par elle-même, sur son compte, davantage et avec plus de certitude. Depuis lors, ses dépor-

(') Voy. lo texte tie celle lettre dans Y Appendice B.

Cabrkra, Felipe II, liv. VII. p. 475, l'a donnée d’une façon incorrecte, et comme si elle avait été écrite a l’impératrice Marie, épouse de Maximilien II.

tements sc sent aggravés au point que, pour accomplir ce qûe je dois au service de Dieu, au bien et à l’avantage de mes royaumes et États, je n’ai pu me dispenser, après avoir mis en œuvre tous les autres moyens possibles, de prendre, comme dernier remède, la résolution de l’arrêter et de le renfermer. Cette résolution est celle d’un père, dans une chose qui touche tant son fils unique; elle ne procède ni de la eolère ni de l’indignation ; elle n’a pas non plus pour but. le châtiment d’une faute, mais elle a été envisagée comme le seul remède qui restât pour prévenir de grands et notables inconvénients : je suis donc certain que Votre Altesse s’en contentera, et qu’elle jugera que j’ai été contraint d’agir ainsi par les motifs les plus urgents et les plus sérieux. Je m’assure de même que, lorsque Votre Altesse sera informée par le menu de ces motifs, ainsi qu’elle le sera en temps opportun, elle leur reconnaîtra le caractère que je viens de dire, et tiendra ma détermination pour très-sage et parfaitement justifiée. Comme de tout ce qui sc passera dans cette affaire, et de tout ce dont Votre Altesse devra avoir connaissance, je l’en avertirai aussi particulièrement que l’exige la fraternité qu’il y a entre nous, j’achèverai la présente en priant Dieu de garder et de faire prospérer la personne impériale de Votre Altesse autant que je le désire. De Madrid, 21 janvier 1568.

« Moi le Roi ('). »

{') Voy. le texte dans l'Appendice B.

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