ACTE II, SCÈNE III
CARLOS
Non , n’en redoute rien.
Non , ne me flatte pas qu’heureux dans ma misère Je doive à ses bontés les rigueurs de mon père..
Loin que la reine, Alvar, s’intéresse à mon sort,
Avec mes ennemis ses froideurs sont d’accord.
Est-ce à toi de m’offrir cette fausse espérance?
Tu me l’as dit , la reine évite ma présence ;
Et prompte à m’alléguer une odieuse loi. . .
Ah! de tous les revers c’est le plus grand pour moi.
A ce trait imprévu du destin qui m’accable,
Je sens qu’un malheureux peut devenir coupable.
Je le sens, j’en frémis. — Elle eût pu me calmer.
Mon cœur dépend du sien puisque j’ose l’aimer;
Sa haine ou ses mépris pouvaient seuls me confondre. On me laisse à moi-même , et je n’en puis répondre.