‹ Don Carlos, tragedie en cinq actes et en vers, par feu Lefevre. Representee, pour la premiere fois, par les Comediens du Roi, sur le Second TheatreFrancais, le mercredi, 20 decembre 1820. Dediee a S.A.S. monseigneur le duc d'Orleans, premier prince du sangChapitre 20 sur 65 · ACTE II, SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE III

CARLOS

Non , n’en redoute rien.

Non , ne me flatte pas qu’heureux dans ma misère Je doive à ses bontés les rigueurs de mon père..

Loin que la reine, Alvar, s’intéresse à mon sort,

Avec mes ennemis ses froideurs sont d’accord.

Est-ce à toi de m’offrir cette fausse espérance?

Tu me l’as dit , la reine évite ma présence ;

Et prompte à m’alléguer une odieuse loi. . .

Ah! de tous les revers c’est le plus grand pour moi.

A ce trait imprévu du destin qui m’accable,

Je sens qu’un malheureux peut devenir coupable.

Je le sens, j’en frémis. — Elle eût pu me calmer.

Mon cœur dépend du sien puisque j’ose l’aimer;

Sa haine ou ses mépris pouvaient seuls me confondre. On me laisse à moi-même , et je n’en puis répondre.

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