SCÈNE IY
CARLOS, ALVAR
CARLOS
Je vais la voir, Alvar. Ma fortune adoucie Semble, au moins cette fois, démentir sa rigueur. — Mais à quels sentimens dois-je enfin mon bonheur? Qui dé la reine ici détermine l’approche?
Elle a su mes refus. La plainte, le reproche,
De ces soins qu’on me vante esttout ce que j’attends. — Hé bien ! je la verrai : j’entendrai ses accens.
Cette félicité qui me fut enviée
De tous mes longs chagrins est faiblement payée.
Toi, dès qu’à mes regards tu la verras s’offrir ,
Veille sur les dangers que nous pourrions courir. Écarte d’un ami les témoins qu’il redoute. — Quelqu’un vient. Sors, Alvar. C’est la reine sans doute. Je ne puis m’y tromper : mon cœur, avant mes yeux , M’apprend qu’Elisabeth n’est pas loin de ces lieux.