CARLOS, LE DUC, GOMEZ
carlos, a part , et s’arrêtant au fond du théâtre.
Ciel ! que vois-je ? en des lieux où j’ai cru seul paraître ,
Mes plus grands ennemis ont devancé leur maître !
Quel ordre, ou quel espoir leur en ouvre l’accès?
(Il s'approche des ministres, les observe un moment, et continue du ton de l'ironie U plus amère. )
Votre aspect me présage un glorieux succès;
Et près du roi sans doute embrassant ma défense,
Vous venez de vos soins me prêter l’assistance.
( Le reste au duc particulièrement.)
Duc, je vous en rends grâce, autant que je le doi.
La cour, vous le savez, n’est, pas. toute pour moi.
Il en est qu’ont surpris les bontés de mon père;
Mais leur aversion me sera toujours chère :
Des cœurs nourris de saîig n’attirent point mes voeux;
Et je me haïrais si j 'étais aimé d’eux.
GOMEZ
Que dites-vous, seigneur, et que vous fait-on craindre ? Héritier de l’empire , est-ce à vous de vous plaindre Des avis que leur zèle a pu donner au roi ?
Leur infortune , un jour , attestera leur foi ,
Prince : et si le devoir ne réglait leur conduite , Comment d’un œil tranquille en verraient-ils la suite , Quand le sceptre en vos mains. . . ?
carlos, h , Cornez seulement.
Vous ne le pensez pas.
Parmi mes ennemis il est des cœurs si bas,
Des mortels dont pour moi l’existence est si vaine , Que mon profond mépris les sauve de ma haine.
• ( A tous deux. ) ,
Mais parlons sans détour. Le roi jusqu’en ces lieux Vous fait-il un devoir d’importuner mes yeux ? *
Ne pourrai-je sans vous lui parler et l’entendre ?
LE Dl'C.
Son intérêt, seigneur, nous prescrit de l’attendre.
Nous le saurons. Il vient.