ACTE IV, SCÈNE III
Mais aux regards du roi jurez de le soustraire. —
Ah ! loin de l’itriter, fléchir sa haine austère ,
Et, du joug catholique adoucissant le faix,
N’enchaîner tous les cœurs que du nœud des bienfaits ,
Voilà r emploi d'une âme et si noble et si tendre.
C’est du bonheur d’autrui que le sien doit dépendre.
Régnez ; et que Carlos , à l’échafaud traîné ,
De sa vertu sans tache y mpnte accompagné. —
Je crains pour elle encore; excusez ce langage,
Madame , et qu’au secret un serment vous engage.
ÉLISABETH
Votre honneur m’est sacré; vous m’en laissez le soin;
De mes sermens , ingrat , avez-vous donc besoin ? carlos, avec transport.
Non , j’en crois ce reproche , et vais mourir sans peine.
Cruel , cachez du moins votre joie inhumaine.
Prétendez-vous aussi que, contre vos malheurs, • ■»
Je n’ose aux pieds du roi vous armer de mes pleurs? ,
Il est d’autres aveux que je prétends lui faire,
Qui sont à moi, barbare, et qu’en vain je diffère. ,
Sans doute il va venir; il vous cherche; et ces lieux Doivent moins que jamais vous offrir à ses yeux.
Aux forfaits dont Gomez nous noircit l’un et l’autre,
N’ajoutons point ici ma présence et la vôtre ;
Éloignons-nous , cher prince ; et calmant vos esprits ,
Comptez sur le secret que je vous ai promis. —
Moi, près de mon époux votre intérêt me guide.
Je cours de ce pas même...