SCÈNE Y
PHILIPPE, ÉLISABETH, EUGÉNIE, le Garde
a son poste .
(Philippe est resté sur le bord du théâtre. Élisabeth, presque inanimée et soutenue par Eugénie , s’arrête, en entrant, au pied de la coulisse. )
é l isa b eth , à Eugénie.
En vain tu veux calmer mes craintes ,
Je crois du sang d’un fils voir ses mains déjà teintes.
Philippe , à part.
Le remords tient ses yeux à la terre attachés ;
Elle tremble.
Élisabeth, a Eugénie. •
Avançons. — Je ne puis.
PHILIPPE
Approchez.
( Un coup d'œil de Philippe éloigne Eugénie. )
Que devient cette audace et ce front intrépide Que vous prêtait le soin de défendre un perfide ?
Ce cœur n’est-il hardi qu’à dédaigner mes lois?
Elisabeth, (T une voix tres-faible.
Sur le bord du cercueil , seigneur, où je me vois , Quand le plus prompt trépas , terminant ma misère , Serait du ciel pour moi la faveur la plus chère,
D’un reproche odieux je pourrais vous punir.
Vous laisser vos soupçons et mè taire , et mourir. L’orgueil sied aux vertus que l'injustice opprime. — Je viens le dépouiller, cet orgueil légitime ,
Il perdrait votre fils; il hâterait sa mort ;
(D’un air il'inlcrrogation , et cherchant à pénétrer dans le cœur du roi.)
Car vos décrets, seigneur, n’ont pas fixé son sort.
De votre part, du moins ; on a su me l’apprendre; — Et dans le même instant où, tout près de m’entendre. Mon époux veut sans voile examiner mon cœur.
Il ne permettrait pas qu’on surprît ma candeur? PHILIPPE.
Perfide ! il vous sied bien de me montrer sans cesse Pour un fils révolté cet excès de faiblesse !