ACTE Y, SCÈNE VII
alv a. R , au roi qui écoute son récit , l’œil fixé sur la terre et le front détourné.
Dans ce palais sanglant j'accourais sur sa trace.
On m’arrête; et le jour des plus pâles flambeau*
Me guide en un lieu sombre, image des tombeaux, Où les couleurs du deuil , et ses crêpes funèbres Mêlaient leur ombre horrible à l’horreur des ténèbres. C’est là qu’impatient des rigueurs de son sort,
Votre fils prévenait le signal de sa mort.
Son sang par mille endroits jaillissait de ses veines. — Vos ministres, seigneur, dans leurs avides haines,
A côté d’un poignard avaient fait sous ses yeux Placer du noir Sénat l’arrêt injurieux;
Trop sûrs que ce spectacle, irritant sa furie ,
Le réduirait lui-même à s’arracher la vie.
él is a B et h, commençant a sortir de son accablement. O monstres!
ALV AU.
Je l’ai vu. J’ai vu ses assassins Feindre d’aider mon zèle à retenir ses mains.
Mais , sans me distinguer des tyrans qu’il abhorre. Percé de coups mortels , il se frappait encore. Lorsqu’enfin la vigueur manquant à son courroux.
Il me voit, il m’appelle. « Alvar, est-ce bien vous?
» Retournez vers le Roi. Dites-lui que j’espère » Obtenir en mourant un regard de mon père :
» Dans l’état où je suis pourrait-il me haïr? »
Ses bourreaux à sa voix m’ont permis d’obéir.
Et son âme en effet dans son sein suspendue Semble pour s’échapper attendre votre vue.
PHILIPPE
Moi , soutenir la sienne ! Allez , et de mes yeux Éloignez ces horreurs , ces déchirans adieux.
* Je défends...
Élisabeth, se relevant tout a coup et avec la plus grande énergie.
* Non cruel ! Je veux que sa présence
* De ma peine , à l’excès , porte la violence.
* Je veux m’en pénétrer jusqu’à pouvoir mourir!
( Elle marche à grand? pas vers le fond du théâtre. )
* Carlos! Dieu! quel objet mon malheur vient m’offrir !
( Elle se réfugie dans le sein d’Eugénie qui rentre sur le théâtre par une coulisse de l’avant-scéne.)