SCÈNE IL
PHILIPPE, seul.
J’affecte de la fuir , quand tout mon cœur l’appelle :
Ce cœur , qui se condamne à soutenir près d’elle L’austère dignité d’un maître et d’un époux,
Est celui d’un amant, — et d’un amant jalqpx.
Trop chère Elisabeth , ta vertu m’est connue ;
Mais si d’un autre objet ton âme est prévenue , Qu’importe à mon amour de compter sur ta foi !
Ta vertu ne m’est rien , si ton cœur n’est à moi , . Ingrate ; et de mon fils les rebelles maximes Ne seraient pas alors le plus grand de ses crimes.
(Sombre et se recueillant en lui-niéme. )
Un seul root de Gomez vient d’aigrir ces soupçons Dont mon âme a long-temps rejeté les poisons.
Quoi ! d’un coupd’œil plus j usteobservant leur tendresse, Ma cour ouvre mes yeux que fermait ma faiblesse ! Quoi ! j’envoie , à mon gré , du fond de ce palais ,
A mes rivaux tremblans ou la guerre ou la paix ;
Des plus profonds esprits je prévois les intrigues , J’entre dans leurs conseils , j’y renverse leurs brigues ; Et par deux jeunes cœurs je me laisse outrager !
( Avec e'clat. )
Je suis maître. Espagnol, et tarde à me venger!
Ah ! si je ne doutais... si le plus faible indice... . Élisabeth s’approche. Un léger artifice Va me servir du moins à sonder ses secrets :
8 « DON CAULOS,
J observerai son front; je lirai dans ses traits.
C’est là que, malgré nous , la vérité surprise Trahit les sentimens que la bouche déguise.