‹ Don Carlos VII et l'Espagne carlisteChapitre 37 sur 50 · PROCLAMATION DU GÉNÉRAL MENDIRI · texte numérisé non relu

PROCLAMATION DU GÉNÉRAL MENDIRI

A LA NOUVELLE DU PRONUNCIAMIENTO DE MARTINEZ CAMPOS EN FAVEUR D'ALPHONSE XII

Volontaires^

L'armée ennemie vient de commettre un nouveau forfait; elle a trahi une fois de plus ses serments; elle a trahi ses compromis; elle a brisé ce code sacré sans lequel son existence devient impossible. — Si dans cette armée il y a encore quelqu'un qui ait une ombre de dignité, il doit toujours rougir de honte.

Avec la proclamation du fils de Dona Isabel faite par un parti qui a déjà gouverné notre pays et n'a pas su lui éviter les malheurs qui le désolent, puisqu'il a été celui qui a le plus contribué à anéantir sa foi, détruire sa dignité et ses trésors, l'ennemi n'augmente pas en force; mais, au contraire, il s'affaiblit, car si, sous le drapeau de la République, il s'est montré uni, avec celui qu'il vient de lever, aussitôt que les partis extrêmes seront sortis de l'espèce de stupeur où les a plongés cet événement, et qu'ils verront qu'ils sont déchus et que leurs ennemis de toujours sont les seuls qui s'asseoient à la table du festin, la guerre qu'ils déclareront au gouvernement sera une guerre à mort.

C'est maintenant que Tannée révolutionnaire pourra, comme vous autres, crier : Vive le Roi I mais elle ne défendra pas l'institution monarchique pure, ni le roi légitime, mais bien une monarchie abâtardie par le libéralisme, et un roi enfant et faible qui ne servira avec son titre que de couverture à ses gouvernants pour commettre toute espèce de crimes. Celte armée-là pourra aussi, comme vous autres, crier : Vive la Religion! mais elle ne défendra pas la religion de ses pères, elle défendra la secte catholique libérale que Notre Saint-Père le Pape Pie IX proclame beaucoup plus mauvaise que la démagogie la plus effrénée et la plus impie.

Peut-être, criera-t-elle, comme vous : Vive l'Espagne! elle ne veut pas cette Espagne qui fut jalousée du monde entier, elle la veut morcelée et dépouillée du manteau de son ancienne gloire. — Peut-être ce gouvernement auquel cette armée a offert ses services vous offre à vous aussi de vous garantir vos fueros, garanties que nous donnaient les vénérables traditions de ce noble pays: c'est une promesse hypocrite qu'ils ne rempliront pas, ne croyez nullement à ces cris, offres, promesses; ce sont des hommes sans dignité, sans conscience, qui vous les adressent, car ils n'ont d'autre mobile dans leurs actes que celui d'assouvir leurs ambitions par la ruine de la patrie.

Ceux qui depuis cinquante ans ont toujours prêché la paix, et n'ont jamais laissé écouler une année sans faire un pronunciamiento, une semaine sans rébellion, ce sont ceux qui prêchant moralité, économie, ont volé les biens des églises dus à la bienfaisance des peuples, et les biens communaux, grevant ainsi la nation d'une dette énorme qu'il lui est impossible de payer.

Pour vaincre l'ennemi, sous cette nouvelle phase, vous n'avez pas besoin de grands efforts, vous n'avez qu'à conserver la foi que vous inspireja sainte cause que nous dé-

fendons, garder la douceur de vos mœurs, l'obéissance à vos supérieurs, celte valeur qui fait l'admiration de toute l'Europe.

Avec ces vertus, soyez assurés que nous détruirons nos ennemis et que nous placerons sunle trône de ses aïeux le Roi légitime d'Espagne, le Roi chevalier, notre souverain bien-aimé D. Carlos VII.

Volontaires, Vive le Roi!

TORCUATO MeNDIRI.

Puente-la-Reina, 8 janvier 1875.

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