‹ Don Carlos VII et l'Espagne carlisteChapitre 6 sur 50 · ARMÉE ROYALE DU CENTRE AVIS · texte numérisé non relu

ARMÉE ROYALE DU CENTRE AVIS

6 e BRIGADE

« Il est défendu :

» Aux employés de la ligne de Murcie de continuer leur service. Tout contrevenant sera fusillé après s'être confessé et avoir reçu la très-sainte communion.

» La circulation des trains est interdite.

» Faute à la compagnie d'obtempérer à cet ordre, les voitures, matériel, gare, etc., seront brûlés immédiatement.

ET L'ESPAGNE CARLISTE fil

» Dieu vous garde de longues années.

» Alpera, 17 septembre 1874.

» Le commandant de la brigade^ » Miguel Lozano. »

Le gouvernement de Madrid avait beau donner des ordres, Lozano échappait toujours, et, poursuivi parfois par des forces décuples, usant du télégraphe pour dépister ses ennemis, gagnant à temps la montagne, apparaissant quand on le croyait bien loin, il avait fini par être la terreur des garnisons républicaines de Murcie et des provinces environnantes.

Ce hardi soldat fut enfin atteint à Bogarra près Albacète par le brigadier d'Avau, qui disposait d'environ 4,000 hommes. Après un combat acharné, la bande royaliste fut détruite et ses débris dispersés.

Il ne fallait plus songer à tenir la campagne : Lozano gagna la montagne, y prit des vêtements d'arriero i et monta dans le train de Cordoue.

Reconnu et arrêté à Linarès, il fut conduit à Albaçète.

A Albacète, la justice lui demanda de se purger des crimes de droits communs dont il s'était rendu coupable. Le colonel répondit qu'il était soldat, qu'il avait fait

1 Conducteur de mules.

la guerre et qu'il n'avait aucun crime à se reprocher. Il fut fusillé.

Nous avons dit que le général Jovellar avait succédé à la fin de septembre au général Pavia.

Après avoir reconstitué l l'armée du Centre, Jovellar partit pour Teruel autour duquel tournail encore l'Infant avec des forces inquiétantes. La colonne républicaine était le double du détachement royaliste, et don Alphonse la laissa passer, mais il tomba sur l'arrière-garde commandée par le général Despujols, la culbuta et lui prit ses bagages.

Ce fut le dernier fait de guerre de l'Infant en Espagne.

Fatiguée d'une existence que supportent avec peine les soldats les plus intrépides et les plus robustes, la princesse Maria de Las Nieves demanda au prince quelque repos. Au surplus, l'Infant n'avait point dissimulé à son royal frère que dans l'impossibilité où l'on se trouvait pour l'instant de réunir en un même faisceau les divisions d'Aragon, de Valence et de Catalogne, un général en chef était inutile. Il obtint donc du roi la per-

1 En somme, 'Jovellar ne reconstitua rien; mais, après la destitution de Pavia, il ne pouvait se servir de l'armée de son prédécesseur, telle que celui-ci l'avait laissée, sous peine d'avouer qu'il ne pouvait faire mieux que lui. Tous ces changements ne sont, hélas ! que des scènes de triste comédie.

mission de quitter momentanément l'Espagne et se retira en Autriche.

Le départ de don Alphonse ne changea rien à la situation des deux partis en présence, mais rien d'important ne devait se passer en Catalogne ni à Valence jusqu'au milieu de 1875; nous terminerons donc ici ce que nous avions à dire de cette partie du théâtre de la guerre.

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