RÉCITATIF
Celle splendeur, qui devant moi déroule Son luxe éblouissant ei ses bruyants plaisirs, IVIe laisse trisle et froide. Et parmi cette foule Je me sens seule, hélas! Ainsi déjà s’écroule Mon beau rêve rempli d’espoir et de désirs.
ROMANCE
Je sais qu’il est une âme Qui de la mienne est sœur;
Je sais qu’il est un cœur Qu’en vain le mien réclame.
Pour ce cher inconnu Dont le sort me sépare,
Quels trésors je prépare î Ah! que n’est-il venu!
(Reprise du chœur dans la coulisse.) MARITANA.
Il n’aura qu’à paraître;
Mon regard ébloui Et mon cœur plein de lui Sauront le reconnaître.
Loin de lui, c’est l’exil,
La souffrance éternelle ;
Ma tendresse l’appelle :
Ah! quand donc viendra-t-il?
DON JOSE, qui a écouté les derniers mots.
Votre mari, madame, don César de Bazan, viendra aujourd’hui même.
MARITANA.
Aujourd’hui !...
DON JOSÉ
Il est près d’ici, et vous le verrez bientôt...
MARITANA.
Parlez, expliquez-vous, de grâce!
DON JOSÉ
Éloignons d’abord tout ce monde, et vous ne tarderez pas à le voir paraître.
Le Voir... le voir enfin!... (Elle remonte vers le fond et congédie ses invités. — Don José fait un signe à Lazarille.)
LAZARILLE
Monseigneur a besoin de mes services?
s DON JOSÉ.
Hier, au palais de l’Escurial, où tu m’avais suivi, une personne s’est approchée de moi, et m’a dit : Soyez le bienvenu, don José de Sanlarem... Tu pourrais, au besoin, te rappeler son visage?
LAZARILLE
Si je le pourrais!... Un visage et un nom qui se trouvent sur la monnaie de toutes les Espagnes...