SCÈNE III
LE ROI, puis DON CÉSAR.
LE ROI
Enfin!... elle est à moi!... Par amour ou par crainte... heureuse ou résignée... elle est à moi !... (il va pour suivre
Maritana. Ou entend un coup de feu et don César entre. ) Un homme! (il remonte le théâtre, tandis que’ César redescend et ne le voit pas.)
Vilaine façon de recevoir les gens!... Qui diable a pu me faire ce chaleureux accueil?...
(Le roi redescend la scène, en observant don César.)
LAZARILLE, paraissant au fond, une arquebuse à la main.
Don César!... C’était Don César!... n disparaît.)
Hein?... (il se retourne et aperçoit le roi.) Pardoil, monsieur,
je n’avais pas l’honneur de vous apercevoir!
LE ROI
D’où vient, monsieur, que vous entriez ici... et que désirez-vous?
Ah ! si vous voulez finir vite, ne me demandez pas ce que je désire...
LE ROI
Mais enfin, le motif?
Le motif, je vais vous le dire. Hier, à mon retour d’un lointain voyage, j’étais attablé entre un spadassin et un aventurier, quand vint à passer un carrosse, dans lequel se trouvait une femme adorable ! J’admirais, sans parler, absorbé dans ma contemplation, quand un de mes compagnons me dit : « Vous qui êtes gentilhomme, connaissez-vous ces armoiries? » Je regarde!... C’étaient les armoiries desBazan. « Quelle est cette femme ? m’écriai-je alors. — La comtesse de Bazan, me dit-on !... Elle habite le palais de San-Fernando. » J’ai voulu revoir cette femme, et je suis venu. J’ai frappé à la porte, on a refusé de m’ouvrir... comme je tenais à entrer, j’ai franchi une muraille... et l’on a tiré sur moi... Sainte hospitalité, voilà comme on t’exerce!... (n ôte son chapeau, une balle tombe.) Tiens, la balle a percé mon chapeau !..
LE ROI, s’emportant.
Mais de quel droit pénétrez-vous ici ?
Pamon!... Si j’avais eu des droits, je les aurais fait valoir avant qu’on fît feu sur moi... Je demande à voir cette dame, voilà tout...