ACTE PREMIER
LE ROI, étonné ,
Don José!... Quoi, vous savez?...
Que depuis près d’un mois, le roi vient, chaque jour, sur .cette place, à l’heure où la Maritana chante.
LE ROI
Hélas! le plus humble de mes sujets est plus heureux que moi. Il peut la voir, lui parler à toute heure.
DON JOSÉ
C’est donc un véritable amour que ressent Votre Majesté?
LE ROI
Oui!., une adoration sans bornes!..
ROMANCE
L’amour, un amour implacable,
De mon âme s’est emparé-,
La fièvre ardente, inexorable,
Consume mon cœur égaré.
Partout, sans relâche et sans trêve,
Dans mon palais, au fond des bois,
Dans mes veilles et dans mon rêve,
C’est elle que je vois !
Dans ma solitude anxieuse En vain je cherche le repos;
Sa voix pure et mélodieuse Voltige dans tous les échos.
Dans la brise des nuits sereines,
Dans les frais concerts qu’au printemps Chantent les forêts et les plaines,
C’est elle que j’entends!
DON JOSÉ
Eh bien! ordonnez, sire, et ce n’est plus pour votre peuple, mais pour vous seul, que chantera cette voix mélodieuse; ordonnez et le roi de toutes les Espagnes n’aura plus besoin, pour admirer son idole, de venir se perdre au milieu de la foule....
LE ROI
Que voulez-vous dire?
DON JOSÉ
C’est l’idole elle-même, c’est la belle Maritana qui viendra
près de son seigneur et maître... Je me charge, en un mot, d’amener cette jeune fille à la cour.
LE ROI
Mais songez-vous à tous les obstacles?
DON JOSÉ
Que j’aie l’assentiment du roi, et je réponds du reste.
LE ROI
Soif agissez donc, et si vous réussissez, souvenez-vous, don José, que ma reconnaissance sera sans limites, (n s’éloigne
par le fond.)