LE ROI, MARITANA, DON CÉSAR
MARITANA, avec un cri de j,oie .
Ah ! maintenant, j’ai pour me défendre, don César mon mari !
LE ROI
Yolre... voire mari, madame... lui!... (Don César, sans dire mot, va fermer la porte de droite et en retire la clef.)
LE ROI, qui l’a suivi des yeux.
Que faites-vous là, monsieur?
DON CÉSAR, avec calme.
Je ferme cette porte, sire... afin que nul n’entre ici... afin que nul n’entende ce qui doit n’être entendu que de vous... et d’elle... de cette pauvre femme que vous voyez là, haletante et brisée.
MARITANÀ, à part.
Que va-t-il dire?... que va-t-il faire?...
Monsieur!.., c’est au roi d’Espagne que vous parlez?
DON CESAR, présentant son épée au roi.
Dirais-je à tout autre qu'au roi d’Espagne : Prenez mon
épée Ct brisez-la ! ... (Le roi repousse du geste l’épée, don César la jette loin de lui.) Mais, cependant, il lui faut une réparation... une vengeance... à ce mari, que votre royale main vient de . souffleter.
LE ROI
Monsieur!...
MARITANA, bas et avec effroi.
Don César ! c’est le roi !
DON CESAR, froidement.
C’est le roi, puisqu’il existe encore, (s’adressant au roi.) Sire... cette pauvre femme, que la lutte épouvantait, a demandé secours et protection... à Dieu, d’abord... puis à celle dont tout bon Espagnol ne prononce le nom qu’avec amour et respect... à la reine.
LE ROI, vivement.
La reine !...
J’ai couru au palais d’Aranjuez...
LE ROI
Vous avez osé !...
DON CESAR, continuant.
Espérer qu’on me laisserait arriver jusqu’à Sa Majesté, était folie... Aussi, profitant de l’obscurité et bravant les arquebuses des sentinelles...