DON DIÈGUE. — DON ALPHONSE
DON DIÈGUE
Venez, mon noble ami, et que les nuages qui obscurcissent ce front, ordinairement si calme, se dissipent aux bruits
2 DONJUANDARMANA
joyeux de la fête que donne aujourd'hui l'alcade de notre ville.
DON ALPHONSE
Les plaisirs dont on entoure une àme blessée lui rendent plus sensible sa blessure. Le mal est trop profond. 11 n'y a que les rides d'un jour qui puissent être emportées par les tourbillons légers d'une nuit de fête.
DON DIÈGUE, à pjlt.
Pauvre père! Don Juan courbe avant l'heure ce noble vieillard vers la terre.
DON ALPHONSE
Mon frère Don Pedro me fait savoir que son crédit s'épuise à arrêter la justice qui menace les déportements de mon fils. Encore quelque affaire comme celle de ce Commandeur si odieusement outragé et l'honneur de ma maison sombrera avec le dernier et indigne rejeton de ma race. O Don Diègue! si c'est un châtiment du ciel, je ne l'ai pas mérité. Ma vie a été toute d'honneur et de lo}aux services. Faut-il