ACTE 11, DEUXIÈME TABLEAU
Ah ! je le vois, je me suis trompé. Votre âme est détachée de la terre. Je n'ai plus rien à attendre de la douce et timide jeune fille qui aurait pu devenir ma femme.
Adieu les tendres rêves, l'éternel bonheur. Sainte communion du mariage, état sacré de l'amour où don Juan eût trouvé le salut et la rédemption : je ne vous connaîtrai pas et ma pauvre âme sera damnée ! O nuit chargée d'étoiles, confidente mystérieuse des pensées profondes, je t'atteste et je te conjure. Laisse ma vie se fondre en toi : que le jour ne paraisse plus pour rayonner sur mon impureté et en faire honte à mon repentir. Et toi, malheureuse enfant, arrachée à ta destinée, tu ne le connaîtras pas non plus cet état bienheureux.
DON A CLARA
Cessez d'accuser une innocente victime de la piété filiale. Oui je suis au couvent malgré ma volonté, vous l'aviez deviné.
Mais il est trop tard. L'habit que je porte
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peut cacher un cœur encore sensible aux bonheurs de la terre, il m'est interdit de les regretter ou de les espérer.
DON J U A N
Ah! Clara! je vous retrouve. Ces longs regards si pleins de choses que l'instinct d'un amant peut seul comprendre, ils ne mentaient pas. L'espoir remonte à mon cœur et me rend la vie.
D G N A CLARA
Mes longs jours ne doivent plus connaître que la prière. Laisse, don Juan, ma destinée s'accomplir.
Non, être adorable. Ta destinée c'est mol. Ta destinée c'est le bonheur. Prends celui que je t'apporte. Appuie-toi au bras de qui a su te délivrer.
DONA CLARA
La Croix que je porte est mon seul appui.