‹ Don Juan d'Armana, drame en quatre actesChapitre 7 sur 59 · ACTE I , SCENE IV · texte numérisé non relu

ACTE I , SCENE IV

dre chez lui. Don Luis sera à la fête de l'alcade. C'est là que je dois le voir.

LA DUÈGNE

Vous vous compromerrez indignement.

LA JEUNE F E M M L

Nullement. Monsieur ne me connaît pas et ne me reverra jamais.

C'est ce dont je ne me consolerais pas et ce que je ne pourrais pardonner à votre amant. Si j'avais aujourd'hui la même bonne fortune que lui, si j'avais été assez heureux pour enflammer d'amour l'âme d'une jeune fille jusqu'à lui faire courir les grands chemins pour le seul plaisir de me voir, je me tiendrais pour lâche et indigne si je souffrais que la dame de mon cœur s'exposât à un retour si dangereux et je fixerais sa vie auprès de moi pour l'éternité.

LA JEUNE FEMME

Que je vous rendrais grâce si vous pouviez persuader à don Luis une telle con-

duite, car il est timide à l'excès et je me demande parfois si ce n'est pas lui qui agit comme une femme et moi comme il devrait faire.

Les rôles sont souvent renversés dans le monde et je ne remplirais pas celui d'un ami si je paraissais être de votre avis. — Cependant je puis bien dire qu'en pareille occurence je n'aurais pas tenu la conduite de don Luis.

(S'appiochaiil de la duègne.)

Je regrette de ne pouvoir vous dire ici tout le bien que je pense de votre fière allure. La nature vous a dotée des plus charmants appâts et votre caractère me semble énergique et résolu. J'adore ces mérites chez une femme.

LA DUÈGNE

De tout autre que don Juan ce langage pourrait me toucher.

DON J U A N

Je vaux mieux que ma réputation. En

ACTi; I, 5CSNE :v

voulez-vous faire l'expérience? (--4 lu jeune fille.) — Oserai-je vous offrir de vous reposer un moment dans l'habitation que je possède en ville ?

LA DUEGNE, bas.

Faut-il vous croire, charmant tentateur ?

Sur ma parole. (A h jeune fille.) Ah ! que don Luis est heureux et que j'envie son sort !

LA DUÈGNE, à part.

Ou tout ceci n'est-il qu'un jeu pour trouver le chemin qui conduirait à la jeune fille confiée à ma garde?

DON JUAN, ci /j Duègne .

Décidez votre maîtresse à s'arrêter en ma demeure et vous verrez qui je lui préfère.

LA DUÈGNE

Mademoiselle, il me semble que dans

l'embarras où nous a mises votre légèretcf nous pourrions accepter...

(On entend des cris. Un homme parait eittrainaut une femme voilée qui lui résiste. )

Mais qu'est ceci ?

SCEî\E V

DON JUAN. — DON PASQ.UAL.

DOXA SAHÈLE. — La duègne. — La

JECKE FILLE. PeRDRIGO.

DON PASQUAL, entrainaiu h jeune femme voilée.

Encore quelques pas et nous sommes arrivés. Ne résistez pas. — Toute cette canaille ne vous arracherait pas à moi et je vous revaudrai la honte d'afficher ainsi ma violence.

ACTEI.SCENEV I5

DON A SAHËLEj fe débattant.

Le misérable !

Arrêtez. Madame, rassurez-vous. Cet homme n'ira pas plus loin.

DON PASQUAL

Qui es-tu donc, toi qui oses me barrer le chemin ?

Un gentilhomme qui n'a jamais souffert qu'on fit violence à une femme devant lui...

DON PASQUAL

Je suis don Pasqual. Mes terres sont où j'étends le bras. Les connais-tu ? sais-tu que j'y suis tout puissant? Allons, arrière, jeune insolent, ou redoute ma colère.

DON JUAN, mettant l'cpee a la main.

Redoute plutôt la mienne, toi qui ne crains pas de provoquer don Juan.

Don Juan ! Est-il possible?

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