‹ Don Juan d'Autriche, ou, La vocationChapitre 127 sur 182 · SCENE I · texte numérisé non relu

SCENE I

DONA FLORINDE, assise et la tete appuyee sur sa main, DOPiOTHEE, qui laregarde en entrant.

DOROTHEE.

Sa vue me navre le coeur ; si ces inquisiteurs etaient des hommes, ils auraient pitie d'elle , mais les demons ! ...

DONA FLORINDE

Don Juan Tignore; c1estunedouleurde moins pour lui. (A Dorothee.) Eh bien ! ma lettre?

Elle est partie par ce joyeux muletier qui rit toujours. Que la gaiete d'autrui est mal venue quand on est triste ! il siffle , il chante et il galope en toute hate sur la route de Saint-Just.

• DONA FLORINDE

Parviendra-t-elle ?

DOROTHEE.

Vous en doutez?

DONA FLORINDE

Sais-je Je nom qu'il a pris . quand il s'est retire dans ce cloitre?

DOROTHEE.

3Iais celui qu'il a porte est sur l'adresse ; qui ne connait pas Charles-Quint?

DONA FLORINDE

J'ai cede a tes instances 5 tu crois que par un reste de bienveillance pour le pere , il s'interessera au sort de la fille orpbeline et menacee.

DOROTHEE.

Pourquoi pas? il acquitte par une demarche qui ne lui coiite rien un service recu argent comptant ; decharger sa conscience, sans rendre sa bourse plus legere . c'est une bonne ceuvre a bon marche.

DONA FLORINDE

11 entre toujours deTargent dans tes raisons ,

Je ne connais que cet argument-la qui ait le privilege de convaincre quelqu'un sans le facher.

DONA FLORINDE

Je te laisse done ton esperance.

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