ACTE IV, SCENE I
DOROTHEE.
Si je ne Tavais plus , quelle serait ma consolation? comment desarmer ce tribunal terrible devant lequel vous etes citee ?
DONA FLORINDE
Calme-toi , tu sais que j'ai un protecteur , qui veut bien me conduire aux pieds de mes juges, m'encourager par ses conseils 7 n^assister de son credit.
DOROTHEE.
Ce personnage mysterieux, qui s'estpresente ici de la part du roi et du comte de Santa- Fiore en ne se nommant qu'a vous seule ?
DONA FLORINDE
Quand tu es descendue, il n'etait pas venu encore ?
DOROTHEE.
On doit Tintroduire des qu'il arrivera , mais je n'ai pas memeentendu le bruit d'un carrosse : la rue est deserte ; une pluie dWage commence a tomber par grosses goultes;secroirait- 011 a Tolede ? pas une guitare pour egayer cetlc triste nuit ; pas une haleine de vent qui la ralraichisse.
DONA FLORINDE
C'est vrai ; on ne respire plus: ouvre la jalousie.
DOROTHEE.
Sur la rue ?
DONA FLORINDE
Non celle qui donne sur ce jardiu qu'il aimait tant.
DOROTHEE.
L'odeur des jasmins monte jusqu'ici.
DONA FLORINDE
N'as-tu pas eprouve quelquefois , Dorothee , combien un son vague , line bouffee d'air reveille fortement certaines impressions de plaisir ou de peine et fait revivre un souvenir jusqu'a la realite?
DOROTHEE.
Je devine a qui vous pensez.
DONA FLORINDE
Le grand merite! je ne pense jamais qu'a lui. Nous nous sommes assis tant de fois parmi ces touffes de fleurs ! une pluie d'orage ne nous fesait pas peur alors ; nous ne la sentions pas. Que de longues promenades , qui nous semblaient si courtes ! II n'y avait pour nous que belles nuits . que parfums , que bonheur ! Ce-