ACTE IV, SCENE I
taient de douces soirees qui ne reviendront plus.
DOROTHEE.
Pourquoi ? ce seigneur en qui vous avez confiance nevous a-t-il pas dit que le soupcon eleve contre vous tombait de soi-meme , qu'en vous rendant a la premiere citation du tribunal vous disposiez vos juges en votre faveur ; enfin n'at-il pas promis de vous ramener dans mes bras ?
DONA FLORINDE
Etiltiendrasa parole, Dorothee; certainement il le fera... mais... il f'aut tout prevoir; garde bien ce papier , ce sont mes volontes.
DOROTHEE.
Vous voulez dire les dernieres.
DONA FLORINDE
C'est an contraire ce queje ne voulais pas dire de peur de t'affliger : si... je ne revenais plus...
DOROTHEE.
Vous !
DONA FLORINDE
Ce n'est qu'un doute 5 tu trouverais la de quoi vivre , non pas heureuse , mais riche.
DOROTHEE.
Je ifaurais plus besoin de rien.
DON JUAN DWUTRICHE. 204
DONA FLORINDE
Quant a don Juan , s'il est rendu au monde. je veux etre pour quel que chose dans son bonheur que je devais partager ; je veux que mes biens soient a lui pour qu1 il en dispose a son gre . sans se croire engage meme de souvenir envers Tamie qu'il n^ura plus.
DOROTHEE.
Bon et noble cceur ! vous serez heureuse : une voix secrete me dit que vous le reverrez. Le brave jeune liomme , s'il doit avoir jamais une autre epouse que vous , c'est l'Eglise, et vous ne pourrez pas l'accuser d'infidelite , assurement Tinclination n'y sera pour rien.
DONA FLORINDE
Tais-toi, tais-toi : on vient; c^st celui que j'attends ; j'aurai du courage.
DOROTHEE.
Vos mains sont froides. pauvre chere fille; vous tremblez.
DONA FLORINDE
Non , non ; je t'assure.
DOROTHEE.
Ah ! toutes mes terreurs me reprennent.